Test Event réussi pour les GC32 à Marseille

La dernière journée de régates prévue aujourd’hui à Marseille pour les quatre GC32 a été annulée du fait des conditions de vent. En effet, ce matin le vent était établi à 25 nœuds, et les rafales montaient à 30, aucune amélioration n’était envisagée plus tard, ce qui poussait le comité à laisser les catamarans à foils au Port du Roucas Blanc. Ce Test Event de Marseille aura permis à quatre des équipes engagées dans le Bullitt GC32 Racing 2015 de s’entrainer en conditions de course.

Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel
Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel

Sur les trois jours, 15 courses ont été courues, dans des conditions variées avec des vents entre 3 à 20 nœuds sur les dernières manches hier. La hiérarchie est loin d’être établie, même si ARMIN STROM Sailing Team s’est montré le plus régulier. Deux des nouveaux venus se sont adjugés plusieurs victoires et terminent à 4 et 8 points du vainqueur. Ce qui constitue une belle performance, puisque l’équipage d’Alinghi n’avait que quelques jours d’entrainement sur le lac Léman avant ce test, et que celui de Spindrift n’avait jamais navigué sur ce support avant cet événement. Chris Draper, barreur de l’AC72 de Luna Rossa sur la dernière Louis Vuitton Cup barrait ARMIN STROM, en l’absence de Flavio Marazzi. Le britannique habitué de ces catamarans à foils n’a eu aucune peine à s’adapter à celui-ci, qui plus est il était accompagné de l’équipage le plus expérimenté sur ce support lors de ce Test Event.

Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel
Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel

Logiquement, Armin Strom était le plus prompt à foiler par rapport à ses concurrents et échappait aux quelques figures de style (cabré, enfournement etc.) qu’on connut ses trois adversaires lors de ces trois jours de régates. Chris Draper, barreur d’ARMIN STROM :  » Nous nous sommes vraiment bien amusés, et il y avait un très beau plateau de marins auxquels se mesurer. Cela a été très intéressant de les regarder apprendre à voler aussi rapidement. »  Le skipper revenait également sur l’aspect économique de cette série en plein essor :  » Si vous pensez à l’argent que les gens dépensent sur leurs autres bateaux et leurs projets, et que vous pensez à quel point ils pourraient s’amuser ici… c’est un bateau réellement viable à barrer pour quelqu’un qui n’est pas un professionnel. Il ne gagnera pas forcément beaucoup de courses, mais par contre il s’amusera beaucoup ça c’est certain. Et ce n’est pas très cher. Nous avions quatre bateaux ici, mais le GC32 est tellement accessible que vous pourriez très vite en voir beaucoup d’autres.  » L’avenir lui donnera probablement raison, une nouvelle entrée dans cette série sera annoncée dans 15 jours, et une autre semble espérée en cours de saison. Ernesto Bertarelli, barreur d’Alinghi sur trois des quinze manches :    » J’ai vraiment beaucoup apprécié. Je trouve le bateau excitant, et en même temps sécurisant. La courbe d’apprentissage est énorme comparée à d’autres multicoques à bord desquels j’ai pu courir, mais celui-ci est accessible en terme de navigation et de budget. Je pense que c’est un bon bateau de propriétaire. « 

Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel
Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel

Morgan Larson, barreur d’Alinghi :  » Une fois que vous êtes à la barre et que vous avez quelques courses à votre actif, vous réalisez que c’est faisable et que vous ne faites pas juste que survivre sur le plan d’eau là dehors, vous êtes en train de courir. Il y a eu quelques moments où l’on a eu l’impression que c’était une bête sauvage hors de contrôle, mais 80% du temps il pensait ‘je peux mener cette chose, et avec un peu d’entrainement, je vais devenir meilleur.  » Yann Guichard, skipper de Spindrift racing :  » Cet événement a été très bon pour nous, car le GC32 est quelque chose de totalement nouveau pour moi et mon équipe, et le sentiment à la barre est un peu différent. C’était très important pour nous d’être présents. Je suis surpris de la vitesse et de la stabilité que le GC32 peut offrir, bien que je puisse faire mieux pour sa stabilité ! Nous devons passer du temps à peaufiner ses réglages. « 

Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel
Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel

Pour Sébastien Rogues et son team GDF SUEZ les résultats n’ont pas été aussi bons que pour les deux autres nouveaux équipages, mais le skipper n’est pas un spécialiste du multicoque, ils terminent malgré tout à plusieurs reprises seconds, mais semblent moins à l’aise dans la brise. Sébastien Rogues, skipper de GDF SUEZ :  » Maintenant, nous savons ce que nous devons faire pour nous améliorer sur le prochain événement et pour toute la saison, et c’est pourquoi nous sommes venus ici. « 

Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel
Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel

Les catamarans ont été chargés dans leurs containers et vont reprendre la direction de leur base, afin de poursuivre leurs entrainements avant le début officielle de la Bullitt GC32 Racing Tour dans un mois en Autriche. Spindrift racing, qui courait se test event sur un bateau prêté par le chantier a reçu son catamaran cette semaine et devrait donc pouvoir débuter ses sessions de navigation rapidement.

Résultats du Marseille Pre Event du Bullitt GC32 Racing

Rank Team Total R1 R2 R3 R4 R5 R6 R7 R8 R9 R10 R11 R12 R13 R14 R15
1 Armin Strom Sailing Team 30 2 1 1 1 3 1 1 4 4 1 2 3 2 1 3
2 Alinghi 34 1 4 4 2 4 3 4 2 1 2 1 2 1 2 1
3 Spindrift racing 38 DNS 3 2 3 1 2 3 1 2 3 3 1 4 3 2
4 GDF SUEZ 49 3 2 3 4 2 4 2 3 3 4 4 4 3 4 4
Test Event réussi pour les GC32 à Marseille

Spindrift racing s’impose en Diam 24 au Grand Prix Atlantique

Le Grand Prix Atlantique de Pornichet était le deuxième rendez-vous pour la flotte des Diam 24 cette saison.
Plusieurs équipages absents du Spi Ouest France Intermarché faisaient leur rentrée sur le circuit lors de cet événement : Banque Populaire, mené par Armel le Cléac’h, Macif par François Gabart, Oman Sail par Sidney Gavignet ou encore Cheminées Poujoulat par Bernard Stamm.

Le programme des trois jours alternait  parcours côtier, des parcours techniques en deux poules de douze concurrents et encore du stadium par groupe de huit ou douze, se rapprochant grandement du format du Tour de France à la Voile.

Les équipages qui avaient briller au Spi n’ont pas déçus puisque les deux trimarans de Spindrift racing terminaient sur le podium avec la victoire pour Yann Guichard et la 3ème pour Xavier Revil. Pierre Pennec sur Groupama prenait la seconde place à l’issue de la dernière manche courue, profitant d’une erreur de Xavier Revil .

Belle performance pour le jeune équipage de Matthieu Salomon (Vannes Agglo Golfe du Morbihan) qui termint quatrième au pied du podium devant Fred Guilmin de Combiwest.

A noter le premier chavirage pour un Diam24, en effet GDF Suez mené par Sébastien Rogues a chaviré sur la première manche du jour, sans conséquence puisque l’équipage a pu courir les deux manches suivantes.

Autre mésaventure pour Vincent Riou sur PRB, le trimaran a été percuté par Oman Sail lors d’un empannage, le flotteur était cassé en deux, l’équipage a néanmoins pu courir la dernière journée.

Les réactions des skippers :

Yann Guichard, Spindrift White : 1er au classement général

« Le bilan pour l’écurie est très positif car nos deux bateaux sont sur le podium. C’est mieux qu’au Spi Ouest-France donc c’est la preuve qu’on a encore progressé. Maintenant, il y a encore du chemin à parcourir mais on va commencer par apprécier cette belle victoire car on a bien navigué du premier jour au dernier jour. On a pris manche après manche. Nous avions avant tout des objectifs de travail sur cette régate puisque c’était la première occasion d’avoir le même format que celui qu’on retrouvera sur le Tour de France à la Voile. En plus on gagne, c’est donc fantastique. Aujourd’hui c’était physique, stressant, le départ était encore plus important que sur un parcours normal mais les gars ont fait un super boulot, ils maitrisent parfaitement le bateau. J’apprécie énormément ce type de format. Les manches durent 20 minutes, il a beaucoup de contact, et la moindre mauvaise manœuvre est rédhibitoire. Nous n’avons pas le droit à l’erreur. Pour le Tour de France à la Voile nous serons un groupe de 5-6 personnes à tourner sur le Diam 24. Nous avons une écurie avec des gens compétents, des talents, et c’est ça qui fait la force de Spindrift. »

Pierre Pennec, Groupama : 2ème au classement général

« Aujourd’hui, ce qui était particulier et sympa, c’est que nous avions du soleil et du vent. Le vent était oscillant donc ça ressemble vraiment à du « stadium » c’est-à-dire des positions qui changent très vite. Alors que les jours précédents les parcours étaient plus grands et le vent était plus stable. C’était un bon entrainement pour le Tour de France à la Voile où les parcours ressembleront plutôt à ça, et il faudra être très réactif. Ce que je retiens c’est qu’on va vite. L’équipage est réactif à la fois sur les manœuvres et les réglages. Nous avons encore besoin de nous entrainer sur les départs au largue car c’est un exercice qui n’est pas facile et qui sera important pour les « stadiums ». Dans l’ensemble on voit qu’on a surtout progressé sur les plans stratégiques et tactiques, et en fluidité sur le fonctionnement à bord sans se mettre de pression. »

Xavier Revil, Spindrift Black : 3ème au classement général

« Sur l’ensemble du Grand Prix Atlantique, le bilan est positif car nous étions dans une nouvelle configuration avec un nouvel équipage, et nous étions dans un objectif de travail. Faire un podium avec un équipage qui n’a jamais navigué ensemble, c’est super. Pour la suite, il faut que nous travaillons les petits détails qui font que nous perdons notre deuxième place aujourd’hui dans les 50 derniers mètres, à cause d’une erreur que nous n’avons pas le droit de faire sur ce type de bateaux : le bout d’enrouleur de gennaker était mal bloqué dans le taquet, celui-ci s’est alors déroulé à cause du vent, nous faisant perdre de la vitesse. On perd une place sur la manche qui nous coûte également une place au général. C’est le jeu mais ça fait mal, d’autant plus que nous avons été deuxième pendant tout le championnat. On est un peu déçu pour aujourd’hui mais nous sommes quand même très satisfaits de nos résultats sur l’ensemble des régates, et on voit bien qu’on travaille dans le bon sens pour notre objectif final qui est de gagner le Tour de France à la Voile. »

Matthieu Salomon, Vannes Agglo Golfe du Morbihan : 4ème au classement général

« La journée s’est bien passée aujourd’hui pour nous, on a fait trois belles manches. On termine respectivement 4ème, 2ème, et 3ème. On est super content. On tire un très bon bilan du Grand Prix Atlantique. On a une bonne vitesse. Il va falloir qu’on travaille sur la partie technique car nous avons eu des petits soucis. Aujourd’hui, il fallait vraiment être attentif aux zones de pression et aux zones de molle, il fallait jouer avec ça. Dans ce vent, nous sommes plutôt à l’aise, nous n’étions pas déboussolés et on est content de ce qu’on a fait par rapport aux adversaires. Maintenant nous avons hâte d’être sur la prochaine régate ! »

 

Classement général du Grand Prix Atlantique :

Groupe OR

– Spindrift White (Yann Guichard) : 23 pts
– Groupama (Pierre Pennec) : 32 pts
– Spindrift Black (Xavier Revil) : 32 pts
– Vannes Agglo Golfe du Morbihan (Matthieu Salomon) : 39 pts
– CombiWest (Frédéric Guilmin) : 44 pts
– West Courtage Ecole Navale (Simon Moriceau) : 51 pts
– Macif (François Gabart) : 63 pts
– Votre Plus Long Périple (Loïc Fequet) : 63 pts
– Armor Lux – Comptoir de la Mer (Erwan Tabarly) : 66 pts
– Dynamique Voile (Emeric Dary) : 68 pts
– Radio Vinci Autoroutes (Jean-Baptiste Gellée) : 69 pts
– Banque Populaire (Armel Le Cléac’h) : 76 pts

Groupe Argent

– Made in Midi (Kito de Pavant) : 52 pts
– PRB (Vincent Riou) : 61 pts
– Grandeur Nature Vérandas (Frédéric Duthil) : 66 pts
– Courrier Choc (Pierre-Loïc Berthet) : 66 pts
– Sodebo (Daniel Souben) : 69 pts
– Oman Sail (Sidney Gavignet) : 72 pts
– Ramouna (Charles Hainneville) : 72 pts
– GDF SUEZ (Sébastien Rogues) : 75 pts
– Prince de Bretagne (Lionel Lemonchois) : 85 pts
– Agrival (Pauline Chalaux) : 94 pts
– 30 Corsaires (Alexia Barrier) : 97 pts
– Cheminées Poujoulat (Barnard Stamm) : 97 pts

 

Spindrift racing s’impose en Diam 24 au Grand Prix Atlantique

Du grand spectacle en multicoque aux Voiles de St Barth

La flotte des multicoques alignée aux Voiles de St Barth était disparate, entre MOD70, catamarans de course-croisière (dont le Gunboat 40′ à foils), un trimaran de 40′ et un GC32( Zoulou d’Erik Maris), mais n’en était pas moins intéressante à suivre.
La victoire est logiquement revenue à l’équipage du MOD70 Phaedo 3 de Lloyd Thornburg, accompagné entre autre de Brian Thompson et Sam Goochild. L’équipage du trimaran s’adjugeait facilement les quatre manches courues.
La lutte pour la seconde place était serrée entre Elvis, un Gunboat de 62′ de Steven Cucchiaro et Paradox, le 63′ sur plan Irens construits dans les moules de Fujifilm de Peter Aschenbrenner. Les deux bateaux terminaient à égalité, mais Paradox s’adjugeait la 2ème place devant le catamaran grâce à deux secondes places .
Le GC 32 Zoulou d’Erik Maris ne pouvait lutter en temps compensé du fait de ses foils, tout comme le G4 d’Eduardo Perez, largement pénalisés par le rating.

Lloyd Thornburg (MOD 70 Phaedo3, 1er Multicoque):

« Les Voiles de Saint-Barth sont un très bel évènement. Aujourd’hui, le vent soufflait de nouveau assez fort et nous avons apprécié car pour notre bateau, un trimaran, c’est nettement plus agréable que le petit temps. Le parcours était, une nouvelle fois, magnifique. Gagner cette course était quelque chose d’important pour nous et nous l’avons fait en prenant énormément de plaisir ! »

Phaedo³, Les Voiles de St. Barths 2015 from Ocean Images on Vimeo.

Timbalero III, le Gunboat G4 à foils de 49′ a chaviré dans la dernière manche. La catamaran n’a semble-t-il pas subit de gros dégâts et a pu être retourné sans perdre son mât.

Wipe Out from Gunboat on Vimeo.

Du grand spectacle en multicoque aux Voiles de St Barth

Oracle Team USA et Artemis s’entrainent-ils déjà en AC48 ?

Depuis deux mois, deux catamarans à foils naviguent dans la baie de San Francisco, l’un aux couleurs d’Oracle Team USA, l’autre aux couleurs de l’équipe suédoise d’Artemis Racing.
Ces catamarans sont jusqu’ici connus sous le nom d’AC45 Turbo.
Oracle Team USA a largement vanté les mérites de son AC45T (vitesses équivalentes à l’AC72, moindre coût) pour imposer le passage à l’AC48 il y a quelques semaines.

Les coques de ces deux bateaux diffèrent de celles des AC45 avec une forme plus évasée sur la partie supérieure afin de recevoir une barre à roue et un colonne de winch dans des cockpits. Les bras de liaison sont également différents tout comme le système de contrôle de l’aile qui revient désormais sur la colonne de winch.

© Balazs Gardi/Oracle Team USA

Par ailleurs ces deux catamarans possèdent désormais, comme sur les D35 et sur l’AC72 américain, une « coque » structurelle centrale reprenant les efforts du gréement.

Christian Karcher, spécialiste de la Coupe de l’America revient sur ces bateaux dans une vidéo, à voir ci-dessous.

Etant donné la faible différence de taille entre AC45 et AC48 (91cm) le doute sur la vraie nature de ces bateaux est permis. Modifier quasi intégralement un AC45 (coques et bras de liaison) ne serait pas forcément avantageux pour des équipes au budget quasi illimité.

Oracle Team USA et Artemis s’entrainent-ils déjà en AC48 ?

Deux nouveaux catamarans de « croisière » à l’eau

  • Vitalia II, le maxi catamaran ex Orange II, a été mis à l’eau hier au chantier Multiplast à Vannes, là même où il avait été construit.

Le catamaran est l’ancien détenteur des records  des 24 heures, de la Méditerranée, de l’Atlantique Nord et du Trophée Jules Verne, il était alors mené par Bruno Peyron.
Le refit a demandé 30000 heures de travail à l’équipe Multiplast. Le catamaran va débuter les essais en mer en Bretagne pendant un mois, avant de rejoindre la Méditerranée puis les Antilles cet hiver.
François Bich, le propriétaire dispose désormais du catamaran de croisière le plus rapide du monde. Le skipper du bateau sera Vladimir Dzalba Lyndis, ex équipier de Bruno Peyron et détenteur du Trophée Jules Verne sur Orange I de 2002 à 2004.
Le catamaran Vitalia II dispose d’un site internet dédié, à découvrir ICI

  • Un autre catamaran de croisière sur le devant de la scène, le Gunboat G4. Ce 40′ est en effet le premier foiler de course-croisière.
    La partie appendices a été confiée à Mischa Heemskerk, un habitué du Class A.
    La catamaran participe actuellement aux Voiles de St Barth avec des performances en temps réel honorables face à des bateaux beaucoup plus grands, il est cependant handicapé en temps compensé par son rating.

GUNBOAT G4 from Gunboat on Vimeo.

Mise à jour du 19/4 : le catamaran Timbalero III (Gunboat G4) a chaviré dans la dernière manche des Voiles de St Barth, aucun équipier n’est blessé. Le bateau a chaviré par le côté au portant alors qu’il était à une vitesse de 25 noeuds. Le bateau a été retourné, le gréement est intact.

Wipe Out from Gunboat on Vimeo.

Deux nouveaux catamarans de « croisière » à l’eau

Spindrift White remporte le Spi Ouest France Intermarché

Première édition réussie pour les Diam 24 OD sur ce Spi Ouest France Intermarché, les équipages ont pu se confronter pour la première fois avant le grand rendez vous estival qui réunira 30 trimarans.

Les conditions ont été soutenues le premier jour, avec 15 à 20 noeuds de vent dans la baie de Quiberon, ceci a causé quelques soucis techniques sur la flotte avec une collision entre Vincent Riou, sur PRB et Daniel Souben sur Sodebo 2. Jérémie Beyou sur Maître Coq, ne terminait pas la journée pour cause de casse sur le puits de dérive. Daniel Souben revenait pour la dernière régate du jour avec un safran de Maître Coq. Yann Guichard n’était pas épargné non plus et abandonnait avant un beau retour sur la 3ème manche.

Pour cette première journée, la régularité payait et Spindrift White était au dessus du lot avec deux victoires et une seconde place pour les hommes de Xavier Revil. Lionel Lemonchois plaçait son Prince de Bretagne en embuscade à 4 points avec deux 3ème places et une seconde, le podium provisoire à l’issue de cette première journée était complété par Groupama, mené par Pierre Pennec.

Samedi la flotte retrouvait le plan d’eau avec 12 à 15 nœuds de vent, passant du secteur Nord au secteur Nord-Est. La hiérarchie n’était pas radicalement chamboulée,  après deux parcours bananes et un côtier de 19 milles, sauf pour Prince de Bretagne qui quittait le podium après des places de 7,6 et 13. Groupama enchainait deux secondes places et une victoire et reprenait la tête à Spindrift White et CombiWest. Le spi se terminait pour Damien Seguin et ses deux équipiers suite à la casse du puits de dérive suite à un choc. La journée était marquée par de nouveaux contacts, notamment pour Thomas Coville sur SodebO 1.

Dimanche trois parcours techniques et un côtier étaient disputés dans 15 à 20 noeuds de vent. Le podium provisoire restait identique avec 24 points pour le leader Groupama, 22 pour Spindrift White et 50 pour Combi West, SodebO 1 et PRB talonnaient le 3ème à 1 et 3 points de retard.

Lundi, seuls Groupama et Spindrift pouvaient jouer la victoire, restait une place sur le podium à prendre. Xavier Revil et son équipage terminaient bien ce spi avec une seconde place et une victoire, Pierre Pennec sur Groupama faisait sa plus mauvaise manche avec une 7ème place et une deuxième sur la seconde et dernière manche du jour. C’est donc Spindrift White qui s’imposait avec un point d’avance sur Groupama. CombiWest de Fred Guilmin qui conservait la 3ème place, talonné par Thomas Coville sur SodebO 1. Suivaient PRB, Spindrift Black, GDF Suez et Prince de Bretagne.

 

Le prochain rendez-vous pour les Diam 24 sera le Grand Prix Atlantique à Pornichet du 17 au 19 avril.

Les mots des marins :

Xavier Revil, Spindrift Black : Vainqueur du Spi Ouest-France Intermarché

 » C’était un beau Spi, dynamique, avec de belles conditions, entre 15 et 20 nœuds de vent tous les jours. Avec le soleil les deux derniers jours c’était encore plus joli et vraiment très plaisant de naviguer. Ca a été dur sur l’eau, personne ne lâche rien jusqu’à la ligne d’arrivée. Il faut y aller pour essayer de gagner une place, un point. Il n’y a pas de gros écarts, il faut être très combattant. Ca a été un championnat difficile, mais on est très heureux d’avoir gagné, c’était notre objectif . La bagarre permanente est le bienfait de la monotypie, ce sont les équipages qui font la différence. C’est un cumul de petites choses, de réglages, qui font les écarts à la fin, plus que les écarts de vitesse entre les bateaux.
Depuis le début de la régate, nous nous sommes bien battus avec Pierre Pennec et son équipage sur Groupama, c’est eux qui nous ont donné le plus de mal. Mais après Combiwest (Fred Guilmin) est très bon aussi, ils sont vraiment capables de faire de belles choses. Thomas Coville sur Sodebo a également très bien navigué, il nous a donné du mal.
Nous sommes très heureux de remporter le Spi Ouest-France car cela fait trois mois que nous naviguons dans la Baie de Quiberon. Nos stages à l’Ecole Nationale de Voile ont payé. On voit bien que nous étions dans le coup. C C’est la première confrontation entre les deux pôles (ENV et Port-La-Forêt), on a eu froid sur l’eau cet hiver mais on a bien travaillé, et je suis très satisfait du travail de mes équipiers (François Morvan, Thierry Douillard et Matthieu Vandame). »

PIERRE PENNEC, GROUPAMA : 2ème au classement général

« On est très proche de Spindrift White. Aujourd’hui, ils ont pris de meilleurs départs et même si nous sommes parvenus à les rattraper et même à les doubler à un certain moment, ils nous battent finalement sur les deux manches. On doit travailler pour être plus réguliers et éviter certaines erreurs qui coûtent cher en temps et en points. Chaque jour qui passe permet aux concurrents moins familiers de la navigation en multicoque de se rapprocher de nous. Ils observent attentivement nos réglages et notre manière de naviguer, tout comme nous d’ailleurs. Avec Quentin et Arnaud, l’entente a été parfaite. On s’est bien donné et on n’a jamais baissé les bras. C’était pourtant physique avec trois à quatre manches par jour. Le bateau est très bas sur l’eau et on prend de l’eau plein la gueule toute la journée. Il vaut mieux être bien préparé physiquement. Ca promet pour le Tour de France. »

Fred Guilmin, Combiwest : 3ème au classement général

« La journée d’aujourd’hui était assez mouvementée. Ce n’était pas bon pour les émotions ! Ce matin, nous étions 3ème au général. Après la première manche d’aujourd’hui, on était repassé 4ème et Sodebo avait pas mal de points d’avance pour nous garder derrière. Et au final, à la dernière manche du jour, on prend un mauvais départ, puis on a fait un coup tactique génial qui nous permet de terminer 5ème à la manche alors que Sodebo termine 10ème. On reprend à l’arrachée la 3ème place ! Nous sommes vraiment heureux de la performance que nous faisons sur le Spi Ouest-France. Nous étions venus pour nous jauger aux autres avec un objectif de podium. Objectif réussi ! Mais il nous reste du boulot pour rattraper les deux places au dessus de nous (Spindrift White et Groupama). Ce qui est important dans une saison comme celle-là, c’est de monter en puissance. C’est ce qu’on est en train de faire et j’espère que notre progression ne va faire qu’augmenter. »

Thomas Coville, Sodebo 1 : 4ème au classement général

« Je suis super satisfait de tout ce que l’on a fait ! Mon contrat s’arrête là, c’est Daniel Souben qui continue avec l’équipage Sodebo. Moi je me suis lancé dans l’aventure de la Transat Jacques Vabre. Avec le team, notre mission était de bien marcher au Spi Ouest, nous arrivons au pied du podium. On était un peu déçu car un podium aurait été une belle concrétisation pour ces trois mois d’entrainement, mais nous sommes vraiment contents d’avoir joué avec les meilleurs de la spécialité. La flotte était très homogène, très agréable, dynamique, avec beaucoup de niveau, ce qui permet d’avoir du contact maitrisé. C’était super sportif, avec en plus des conditions idéales à la Trinité-sur-Mer ! »

Vincent Riou, PRB : 5ème au classement général

« Le bilan de ce Spi Ouest-France est plutôt positif. Nous sommes satisfaits de notre travail. Aujourd’hui, pour moi, il y a deux divisions. Spindrift et Groupama naviguent au dessus du lot. Ce sont des équipes composées de grands champions et qui aujourd’hui, ne sont pas encore à notre portée de tirs. Il va falloir travailler pour réussir à jouer avec eux. Après derrière il y a 3-4 bateaux qui sont assez groupés. Il nous reste une belle marge de progression dans ce lot car nous faisons encore trop d’erreurs. Notre équipage est jeune, en formation. Avec Nico (Nicolas Andrieu), on a navigué un peu ensemble l’année dernière, mais avec François (Verdier) c’est notre 3ème ou 4ème semaine de navigation ensemble, c’est encore un peu frais. Il faut que nous travaillions encore certaines choses : les grands voiles, la stratégie en multicoque. Nous devons rendre tout cela un petit peu plus fluide. Ainsi, nous pourrons espérer jouer avec les meilleurs. C’est bien de commencer dans la difficulté pour se poser les vraies questions et chercher les vraies solutions. Si le Spi Ouest France avait été plus facile pour nous, cela n’aurait pas forcément été bénéfique pour le reste de la saison. C’est un mal pour un bien de naviguer dans du dur. Le niveau physique est très élevé et nécessite d’être bien préparé. Nous ne devons pas nous relâcher au niveau de la préparation physique et nous allons devoir aussi travailler la récupération en vue du Tour de France à la voile car ce sera un enjeu dans la réussite du projet. Il ne va pas falloir mollir sur la préparation physique et pour le Tour de France à la Voile il va falloir que l’on travaille aussi la récupération car cela va être un enjeu dans la réussite du projet. »

Yann GUICHARD, spindrift black : §ème au classement général

« Le bilan de cette première épreuve est très positif pour Spindrift racing. Nous souhaitions nous jauger face à la concurrence mais aussi montrer qu’il fallait compter avec nous sur ce circuit Diam 24 où nous sommes nouveaux cette année. Nous avons su bien naviguer du premier au dernier jour pour l’emporter de la belle manière. L’esprit est vraiment bon dans le team. Nos deux équipages fonctionnent bien dans un esprit très constructif. Chacun est là pour tirer l’autre vers le haut et je suis très fier du groupe que j’ai réuni pour ce projet Diam 24. Maintenant, rien n’est acquis. C’était très serré au classement avec les bateaux de tête. Il va falloir continuer à travailler pour être au top toute la saison et surtout sur le Tour de France à la Voile où nous serons trois à nous relayer à la barre entre François, Xavier et moi.  »

 

CLASSEMENT GENERAL DU SPI OUEST FRANCE INTERMARCHE 2015

1- Spindrift White, (Xavier Revil) barré par Xavier Revil et François Morvan (25 points)
2- Groupama, (Franck Cammas) barré par Pierre Pennec (31 points)
3- Combi West, Frédéric Guilmin (64 points)
4- Sodebo 1, Thomas Coville (66 points)
5- PRB, Vincent Riou (74 points)
6- Spindrift Black, Yann Guichard (75 points)
7- GDF Suez, Sébastien Rogues (77 points)
8- Prince de Bretagne, Lionel Lemonchois (81 points)
9- Votre plus long périple, Loïc Fequet (83 points)
10- Sodebo 2, Daniel Souben (90 points)
11- Custo Pol, JP Nicol (90 points)
12- West Courtage – Ecole Navale, Simon Moriceau (104 points)
13- Radio Vinci Autoroutes, JB Gelles (115 points)
14- Beijaflore, Nicolas Bérenger (134 points)
15- Maître coq, Jérémie Beyou (139 points)
16- Agrival, Paukine Chalaux (155 points)
17- Fondation Fdj, Des Pieds et des Mains, Damien Seguin (182 points)

Spindrift White remporte le Spi Ouest France Intermarché

Luna Rossa se retire de la 35ème America’s Cup

L’équipe italienne Luna Rossa a mis sa menace à exécution et se retire de la 35ème America’s Cup.

La décision a été prise suite à l’annonce de la nouvelle jauge pour la Coupe de l’America dévoilée avant hier par Oracle Team USA.
Les catamarans de 62′ (AC62) sont abandonnés pour des catamarans plus petits (dont la longueur n’est pas encore définie, entre 45 et 50′, le Defender ayant évoqué 48′ pour 26′ de large avec six hommes d’équipage).

© Luna Rossa

Les italiens estiment que ce changement est illégitime puisque la décision aurait dû être prise à l’unanimité des challengers, ce qui n’a pas été le cas.

Il semblerait également qu’une bonne partie des multicoques devienne monotype suite à ce changement de jauge. Luna Rossa d’insurge contre ce fait, que le team juge contraire à la tradition.

Le challenger italien aurait également fait des propositions pour contenir les coûts en conservant l’AC62 comme support mais celles-ci auraient été rejetées par le Defender.

L’équipe se réserve le droit d’entamer une procédure devant le comité arbitral de l’America’s Cup, mais celui-ci ne semble pas encore constitué. Par ailleurs le doute plane toujours sur l’organisation des America’s Cup World Series de juin à Cagliari.

Emirates Team New Zealand fait part de son dépit suite aux derniers événements et semble également s’orienter vers le comité arbitral suite à la perte des séries qualificatives d’Auckland.

Les langues continuent également à se délier suite à cette volte face de l’organisateur, on apprend ainsi que les néo zélandais avaient proposé en début d’année une taille de 54′ pour le bateau afin de réduire les coûts et de transporter les bateaux dans des containers, ce qui réduisait également le budget transport. Cette mesure aurait été soutenue par Oracle Team USA mais pas par les autres challengers.

Franck Cammas dévoile également dans le Télégramme qu’une bonne partie de ce nouveau catamaran devrait être monotype

Franck Cammas : « Ce n’est pas encore acté mais l’aile sera en grande partie monotype. Ensuite, sur la plateforme, ce n’est pas totalement défini mais il y aura énormément de parties monotypes. La seule liberté concerne les appendices et le contrôle des appendices. Et comme les bateaux volent, ce sera la partie la plus importante. »
L’intégralité de l’interview dans le Télégramme en ligne.

La recherche et la différence entre les bateaux ne devraient donc concerner que  la forme foils et des safrans ainsi que leurs systèmes de contrôle. Oracle Team USA aurait ainsi atteint 46 noeuds avec 16 noeuds de vent sur l’AC45 avec des foils optimisés.

Le Defender Oracle Team USA a donc fait le choix de miser sur les « petites » équipes.
A savoir Team France et Ben Ainslie Racing, qui n’ont pas encore de budget.
Il s’est délesté de Luna Rossa et possiblement de Team New Zealand, deux équipes emblématiques de la Coupe de l’America.

Le grand gagnant de ces arrangements avec le protocole est probablement Artemis Racing.

Le challenger suédois voit deux adversaires dangereux s’éloigner des phases qualificatives de la prochaine America’s Cup, et devrait sauf bourde architecturale sur son bateau s’assurer une place face à Oracle Team USA, étant donné l’avance prise face aux équipes restantes qui n’ont à l’heure actuelle pas de budget.
Luna Rossa se retire de la 35ème America’s Cup