Le skipper et directeur de l’équipe de Realtstone Sailing, le vainqueur du Culcain Trophy 2012, Jérôme Clerc, a annoncé sa participation aux Extreme Sailing Series, l’équipe suisse rejoint leurs compatriotes d’Alinghi également présents sur le circuit des Extreme 40. Eux aussi joueront sur les deux tableaux Extreme 40 et D35.
L’équipe sera engagée sous le nom de Realteam , l’équipage sera renforcé par la présence d’Arnaud Psarofaghis, régleur du Groupe Edmond de Rothschild en 2012 et Nils Palmieri Bruno Barbarin, qui a navigué avec Alinghi Denis Girardet se partageront le poste de tacticien, Cédric Schmidt et Bryan Mettraux, régleurs, et Thierry Wasem prendra la place de numéro 1.
Sidney Gavignet et ses équipiers : Jean-François Cuzon, Brian Thompson, Thomas Lebreton, Khamis Al Amburi et Fahad Al Hasni ont remporté cette quatrième étape de l’European Tour, après avoir pris la tête de la course le lendemain du départ, et grâce à un joli coup tactique près des côtes au passage du Cap Saint Vincent.
L’équipage réussira par la suite à décrocher Race for Water de Stève Ravussin, qui avait pris la même option, ils ne cesseront par la suite de creuser leur avance qui s’élèvera au maximum à 100 milles le tout dans des vents faibles. La dernière nuit avant l’arrivée sur Marseille aura été plus tonique avec des pointes à plus de 30 noeuds.
Cette victoire permet à l’équipage aux couleurs d’Oman de prendre la troisième place du classement général provisoire à l’issue de cette étape.
Race for Water, mené par Stève Ravussin avec Franck Cammas à la tactique, enregistre sa meilleure performance sur ce tour de l’Europe en terminant second de l’étape dix sept minutes devant Foncia, Spindrift racing et Groupe Edmond de Rothschild terminent 4 et 5èmes.
79% des points sont maintenant distribués FONCIA conforte son leadership avec huit points d’avance sur son dauphin Spindrift racing, Yann Guichard et son équipage n’auront plus droit à l’erreur si ils veulent remporter cette épreuve.
Musandam-Oman Sail prend donc la troisième place, à égalité de point avec Race for Water (avec 32 points de retard sur le leader). Le grand perdant est Groupe Edmond de Rothschild, l’équipage de Sébastien Josse perd deux places au général et pointe désormais à 39 points de Foncia, le podium reste néanmoins accessible puisque les hommes du Gitana Team ne sont qu’à sept points de Musandam et Race for Water.
Les équipages reprendront les "hostilités" à partir de vendredi à Marseille pour deux journées de City Races.
Sidney Gavignet, skipper de Musandam OmanSail
« Je suis content…content. Ce n’est qu’une fois la ligne passée que je me suis dit que c’était bon, parce que pendant le dernier petit tour dans les cailloux au retour de Cassis, on a failli cabaner sous un gros nuage noir, dans une bouffe à 40 nœuds. On a tout choqué en grand et il s’en est fallu de peu. C’est beaucoup d’émotion parce qu’on ne se relâche pas beaucoup sur ces bestioles. C’est fatiguant, c’est usant. J’y croyais à cette victoire ! C’est un truc d’équipe, bravo à nous tous. Ça s’est joué au Portugal, au cap Saint Vincent. On a beaucoup progressé dans le petit temps. C’était une des clés sur cette étape pour s’extraire. On marchait bien et Jean François Cuzon a passé beaucoup beaucoup de temps à la table à carte, plus que dans la bannette ! L’équipage progresse. Fahad devient un bon équipier de large. On a une bonne délégation d’Oman qui vient ici et c’est un beau cadeau à faire à toute l’équipe. J’ai passé trois ans en sport études ici, à Marseille. C’est peut-être ça qui m’émeut tant : je repense à tout ce chemin parcouru… »
Stève Ravussin, skipper de Race for Water
« Ça a été du petit temps lémanique pendant longtemps ! On a l’habitude, en Suisse, on est né là-dedans. Le petit temps, ça fait partie du jeu. Mais bon, les multicoques heureusement, ça avance tout le temps. C’était une belle étape, il a fait beau, chaud, on a eu de belles nuits. Nous avons pris un départ pas trop mal. Mais Oman est revenu sur nous la première nuit. Ils nous sont passés juste dessous. Ensuite, ils se sont échappés. Foncia, en revanche, on le voyait régulièrement. Cette nuit, on a moins bien navigué qu’eux, ils nous ont repris pas mal de milles, jusqu’au dernier bord. Ce matin, ils étaient 200 mètres derrière nous. On a eu chaud… On les voyait arriver à fond derrière nous, on était 3 ris et ORC, on a dû renvoyer de la toile après, on était à 38 nœuds ! Mais on a pu garder cette deuxième place qui me plaît très bien. La dernière fois ils finissent devant, cette fois c’est nous. On espère gagner encore une place sur la prochaine étape. »
Michel Desjoyeaux, skipper de FONCIA
« Au début, on était déjà un peu tendu nerveusement dans la pétole… un peu de fatigue physique par dessus la fatigue nerveuse et voilà…on est cuits. Cette nuit, on a fait autant de distance qu’on a pu faire les trois premiers jours dans la pétole ! Sur les dernières heures, nous étions à la bagarre avec Race for Water qu’on essayait d’accrocher. On s’est battu comme des diables. Hier après midi, ils avaient presque 20 milles d’avance sur nous. Et à la bouée Omega ce matin pour le dernier petit parcours au large des îles de Marseille, on était revenus à 1,5 milles. On a passé une nuit à fond la caisse avec des runs dans une mer pas facile … Je crois qu’on a fait une pointe à 38,4 nœuds !. On a bien cravaché ; on était bien positionnés, et c’était chaud. On a fait le premier planté du bateau. Xavier était à la barre, moi à l’écoute sous le vent, on a réussi à rester à l’endroit mais on était à l’attaque. Au final, on fait une bonne affaire au classement général. Les jeux ne sont pas encore faits, tout peut se faire entre les City Races et la dernière étape. Cela dit, on est du bon côté… »
Yann Guichard, skipper de Spindrift racing
« Une étape pas facile, spécialement pour nous. On s’est vite fait décrocher au cap Saint Vincent. Après, c’est parti par devant et on n’a pas réussi à revenir. On a tenté des coups, mais ça n’a pas marché. C’était dur dans la pétole d’être derrière comme ça sans pouvoir faire grand chose. Sinon, j’espère que je ne me suis pas cassé de côtes. La dernière nuit, je dormais par terre, quand Pascal (Bidegorry) m’a fait un salto dessus. J’ai un peu le bras gauche en vrac aussi (peu après son arrivée au ponton, Yann est parti faire des examens médicaux, ndr).
Le bateau, ça va, à part l’amure de gennaker que nous avons cassé juste avant Gibraltar. C’est aussi pour ça que FONCIA nous a semé d’ailleurs.
Au final, l’opération pour nous n’est ni bonne, ni mauvaise. Le match est encore serré avec FONCIA pour le classement général. Nous avons 8 points d’écart. Tout reste à faire sur la dernière étape mais aussi la dernière City Race qui sera très importante. L’objectif est de revenir à 4 points de FONCIA, comme ça, celui qui fera devant l’autre à Gênes aura gagné l’European Tour »
Sébastien Josse, skipper de Groupe Edmond de Rothschild
« Etape compliquée, de tous les dangers. On savait qu’elle pouvait être difficile. Un bateau est parti avec le vent au cap Saint Vincent dans un trou de souris et on ne l’a jamais revu. Il y a eu deux passages à niveau comme ça, le deuxième à Gibraltar. La flotte s’est étirée. A chaque pointage, on se prenait 30 milles dans les dents. Le plaisir est venu de la compétition à vue avec Spindrift. Quand on est côte à côte comme ça, on oublie un peu le classement. Mais c’est vrai qu’on a bouchonné presque 36 heures à moins d’un nœud… dans ces conditions, il faut s’ouvrir deux ou trois soupapes.C’est la deuxième étape où nous finissons 5e, alors ce n’est pas satisfaisant. C’est même décevant car nous avons les moyens de jouer. Nous n’avons pas pris les ascendants quand il fallait les prendre, on ne peut s’en prendre qu’à nous".
L’arrivée de la première étape de l’European Tour qui s’est disputée entre Kiel et Dublin a été haletante avec un superbe finish jeudi dernier. Yann Guichard et ses hommes sur Spindrift racing avaient mené sur la quasi totalité de l’étape avant de se faire rejoindre dans les derniers milles par ses deux poursuivants, qui profitaient de vents évanescents pour rejoindre le leader.
Foncia mené par Michel Desjoyaux et Groupe Edmond de Rothschild de Sébastien Josse naviguaient donc à vue avec Spindrift racing, et c’est Michel Desjoyeaux qui passait le trimaran noir et coupait la ligne avec 31 secondes et 1 minutes 15 sur le trimaran du Gitana Team.
Les marins embarqués sur les cinq MOD70 avaient rencontré des conditions variées sur cette première étape avec une belle brise portante pour remonter le long des côtes danoises puis un vent mollissant lors de la descente vers le Pas de Calais et des airs très faibles lors de l’approche sur l’Iralande.
A l’issue de cette première étape hauturière entre Kiel et Dun Laoghaire, FONCIA conservait son avance acquise grâce aux City Races courues en Allemangne. Arrivées à Dun Laoghaire (heure GMT)
1-Michel Desjoyeaux (FONCIA) à 23h 19’ 09 le 5 septembre en 3j 10h 49’ 09
2-Yann Guichard (Spindrift racing) à 23h 19’ 40 en 3j 10h 49’ 40
3-Sébastien Josse (Groupe Edmond de Rothschild) à 23h 20’ 26 en 3j 10h 50’ 26
4-Stève Ravussin (Race for Water) à 23h 54’ 25 en 3j 11h 24’ 25
5-Sidney Gavignet (Musandam-Oman Sail) à 00h 54’ 00 le 6 septembre en 3j 12h 24’ 00
Les régates reprenaient après une courte pause en Irlande avec de nouveau des city races, là aussi avec des conditions variées de vent. Les acteurs du circuit semblent avoir pris goût au final à suspense puisqu’il fallait attendre les ultimes confrontations pour sacrer le vainqueur de ces courses côtières. Ce sont de nouveau les équipages de Foncia, Spindrift racing et Groupe Edmond de Rothschild qui s’illustraient ; en effet Yann Guichard, Michel Desjoyeaux et Sébastien Josse terminaient la dernière régate en flotte à égalité de points; Les équipages se départageaient donc sur le Speed Match : un aller-retour entre deux bouées. C’est Spindrift racing qui prenait la tête de la flotte avec un départ canon devant Groupe Edmond de Rothschild alors que FONCIA ratait le départ. Yann Guichard et son équipage exécutaient un empannage parfait et franchissait en vainqueur la ligne et remportaient donc cette City Race.
Classement de la Dun Laoghaire City Race après six manches
1- Spindrift racing (Yann Guichard) 12+11+9+11+12+8 = 63 points
2- Groupe Edmond de Rothschild (Sébastien Josse) 9+10+11+12+11+10 = 63 points
Au classement général provisoire, Foncia conservait cinq points d’avance sur Spindrift racing et 10 sur Groupe Edmond de Rothschild troisème, Race for Water est 4ème à 20 points et Oman Sail Musandam ferme la marche à 24 points du leader.
Le Grand Prix de Porto, quatrième manche des Extreme Sailing Series, s’est terminé de façon abrupte pour Pierre Pennec et ses hommes hier lors de la quatrième manche de la journée, alors que l’équipage se battait pour la seconde place.
Le récit du skipper de l’Extreme 40 aux couleurs du Gitana Team : « Nous arrivions à la dernière marque de parcours de la manche 28. Nous étions bâbord engagé sur GAC Pindar qui était sous notre vent, lui même était engagé sur Zoulou. Oman Air arrivait en tribord mais pas très rapide. Nous avons abattu derrière lui. A ce moment là, The Wave Muscat vient de virer à environ quatre longueurs derrière Oman Air. Quand il nous voit Leigh McMillan tire la barre pour nous empêcher de passer. Groupe Edmond de Rothschild se retrouve alors quasiment parallèle à The Wave. Je demande de l’eau à GAC Pindar, qui lui même demande de l’eau à Zoulou mais ça ne répond pas. Je fais alors tout mon maximum mais je ne peux pas éviter le contact avec The Wave. Après le choc, je vois Bernard Labro allongé sur le filet et qui saignait au niveau du nez. Il était clair que la course était finie pour nous. Ce n’est qu’après que l’équipe technique nous a dit que de toute façon notre étrave bâbord avait été sérieusement endommagée.
Pierre Pennec était pénalisé sur le plan d’eau mais a bien évidemment devant un redress au jury une fois le bateau et les hommes mis en sécurité, celui-ci a rejeté la demande de l’équipage français, rappelons que l’année dernière le Gitana Team avait déjà subi une décision discutable du jury lors d’une collision avec Artemis Racing et que Leigh McMillan est assez coutumier des manoeuvres musclées : « Pour moi et pour notre coach présent, Benoit Briand, nous n’étions pas en tort et les arbitres ont commis une erreur de jugement ! GAC devait nous laisser de l’eau tout comme Zoulou devait en laisser à GAC. Ce qui modifie aussi la donne dans l’équation c’est le changement de trajectoire de The Wave. C’est pourquoi nous avons demandé au jury de rouvrir notre cas une fois rentré à terre, ce qui fut finalement accepté. Après la fin des manches, nous avons donc été donner notre version des faits au jury. Des représentants de GAC Pindar et Zoulou, présents à cette audience, ont confirmé que nous étions bien engagés sur eux. Par contre, Zoulou a indiqué qu’à cause de la proximité de la digue à cet endroit du parcours, il avait demandé très vite de l’eau car il n’avait plus de place pour abattre. Les différents équipiers ne semblent pas d’accord sur ce point et tout le nœud du problème est là. Le jury a donc considéré que nous étions fautifs car nous nous n’avions pas mis tout en œuvre pour éviter le contact. Nous ne sommes pas contents de la décision prise par le jury et nous maintenons notre version. C’estdur, car cela fait deux fois que de notre point de vue cette instance commet des erreurs qui sont très lourdes de conséquences pour nous. Nous n’avons d’autre choix que de prendre note de leur décision, mais nous quittons Porto avec un goût amer. C’est extrêmement frustrant pour tout le monde de finir un événement comme ça. D’autant que nous avions, tout comme The Wave, demandé au comité de course que cette bouée soit déplacée. Elle nous semblait trop proche de la digue et dangereuse pour les croisements avec cette force de vent »
The Wave Muscat remporte donc ce grand prix devant Red Bull Sailing Team qui se montre très régulier en ce début de saison, le second équipage omanais, Oman Air se classe troisième, devant Alinghi, Groupe Edmond de Rothschild termine cinquième après avoir raté les quatre dernières manches hier. Fred Le Peutrec sur Zoulou aura effectué quelques belles manches mais ne peut faire mieux que 8 ème.
Au classement général, The Wave prend le large avec 6 points d’avance sur Red Bull, Oman Air et Groupe Edmond de Rothschild sont à égalité de points avec 8 points de retard sur le leader.
Classement du Grand Prix de Porto (après trente deux manches)
The Wave Muscat – 198 points
Red Bull Sailing Team – 183 points
Oman Air – 156 points
Alinghi – 145 points
Groupe Edmond de Rothschild – 137 points
SAP Extreme Sailing Team – 129 points
GAC Pindar – 126 points
Zoulou – 123 points
Classement provisoire des Extreme Sailing Series après quatre Grands Prix
Les premiers milles de la Krys Ocean Race au pied des buildings new-yorkais à petite vitesse ont vite été oubliés pour les équipages des cinq MOD 70 qui ont rencontré des conditions musclées mais maniables au cours de cette première journée de course.
Les trimarans ont navigué sous grand-voile haute et gennaker une bonne partie de la nuit avant que les équipages ne prennent un ris et établissent le génois afin d’éviter tout risque d’enfournement et de possible chavirage.
Sidney Gavignet et son équipage sur Musandam-Oman Sail ont gardé la tête de la flotte jusqu’au classement de 18 heures, avant de céder la place de leader à Groupe Edmond de Rothschild mené par Sébastien Josse, cette belle tenue de l’équipage aux couleurs d’Oman est une petite surprise, puisque l’équipage est celui qui dispose du moins d’entrainement sur le trimaran monotype. A 21h, c’est Michel Desjyaux sur Foncia qui était crédité de la première place, en fait trois bateaux, Groupe Edmond de Rothschild, Foncia et Spindrift racing naviguent en tête de la flotte et risquent de s’échanger le leadership lors des prochains pointages, Oman Sail a décidé de prendre une route un peu plus sud pendant l’après midi, s’éloignant de la route directe.
Quant à Race for Water, la nouvelle est est tombée au petit matin, le trimaran de Stève Ravussin a touché un container flottant entre deux eaux cette nuit et la dérive a été sérieusement endommagée. Yvan Ravussin, frère du skipper et spécialiste du composite, a effectué avec deux équipiers une réparation et l’équipage a pu reprendre sa route à plus de 25 noeuds au cours de l’après midi comme l’explique le skipper : « Notre dérive est cassée à plusieurs niveaux. Il n’y a pas grand chose à faire. Nous l’avons remise à poste. Elle est désormais en position haute. Nous avons perdu du temps dans la réparation et le check du Race For Water. On reprend notre rythme de course. Nous sommes dans un vent de 25 nœuds avec des vagues de 3 mètres environ. »
Les réactions des skippers :
Sébastien Josse, Groupe Edmond de Rothschild : « La première nuit a été plutôt agréable sur une mer relativement plate et avec une belle lune. Ce midi, le temps commence à se dégrader : la mer se forme et devient plus hachée car nous sommes rentrés dans le Gulf Stream, mais cela reste maniable parce qu’il n’y a pas plus de 20-25 nœuds de brise. Les conditions actuelles sont celles attendues, c’est-à-dire une mer en cours de formation et un vent de Sud-Ouest d’une vingtaine de nœuds qui nous permettent d’aligner des vitesses assez élevées ! Samedi soir, nous étions à vue de Race For Water mais on s’est perdu avec la nuit. On s’attend à des conditions météorologiques assez similaires bien que le vent doive se renforcer à plus de trente nœuds encore au cours de l’après-midi, voir de la nuit. Mais la bonne nouvelle, c’est que nous sommes bien dans le flux qui va nous propulser vers l’Angleterre : on va essayer de rester dans ce couloir pour gérer au mieux notre trajectoire. Nous sommes deux ou trois sur le pont selon les moments, car le troisième équipier s’occupe aussi de faire le ménage ! C’est de plus en plus humide : il y a quelques entrées d’eau et il faut écoper… »
Yann Guichard, Spindrift Racing : « C’est très humide à bord. Avec le bruit et la vitesse, il est très difficile de se reposer. Nous sommes au moment où je parle à… 39 nœuds de vitesse instantanée. C’est ainsi depuis plusieurs heures. Cela ne va pas durer car la mer se forme, avec l’entrée dans le Golfe Stream. Nous sommes à vue de Foncia et on calque notre rythme sur celui de Musandam Oman sail. Il faut faire très attention aux excès de vitesse. Au-delà de 35 nœuds, surtout la nuit, la moindre erreur est fatale… On est aussi vigilant aux OFNIs (Objets Flottants non Identifiés), comme celui qu’a percuté Race for Water.»
Les conditions vont se durcir lors des prochaines heures, puisque les équipages vont rencontrer une mer plus dure avec des creux de 4 mètres et des vents d’une trentaine de noeuds en rafale.
Le Defender américain n’a pas failli à Newport pour la dernière étape des ACWS 2011-2012 en décrochant le titre en flotte de cette compétition pour cette saison, en match-race, c’est Artemis qui s’impose.
L’équipage de Terry Hutchinson termine donc à la première place du classement en match-race, malgré des formats obscurs durant les différents actes, avec des courses à élimination directe alternant avec des tours à deux manches gagnantes, Oracle Racing Spithill prend la 2nde place de ce classement devant ETNZ, Dean Barker, le skipper du catamaran néo-zélandais a été malchanceux lors de l’épreuve de Newport avec un chavirage dans des conditions maniables, comme il l’explique : "Ce fut un début de match race au contact, nous avons normalement enroulé la marque mais nous n’avons pas réussi à choquer l’aile à cause de la bastaque qui était bloquée. Nous avons perdu contrôle du bateau et nous avons chaviré… Nous devons vraiment traiter ces bateaux avec la plus grande attention. Chaque petit problème peut prendre des proportions inattendues."
Le second équipage américain mené par Russell Coutts prend la 4ème place devant Energy Team, sorti dès le premier tour à Newport face à Artemis Racing.
En flotte, les italiens de Luna Rossa Piranha gagnent cet acte devant l’équipage de James Spithill et ETNZ, Artemis peu à l’aise en flotte termine 7ème devant Energy Team. L’équipage français perd gros lors de l’ultime manche suite à un gennaker récalcitrant, Loick Peyron et ses hommes pointent à la 8ème classe de cette manche et du classement de cette étape, alors qu’ils étaient 3ème la veille. Ils conservent malgré tout leur troisième place au classement des ACWS en flotte derrière ETNZ, Oracle Racing Spithill gagne cette saison de courses en flotte.
Oracle Racing Spithill est donc déclaré champion des America’s Cup World Series 2011-2012 grâce à leur victoire en flotte et leur seconde place en MR, ETNZ prend la 2nde place devant Artemis Racing et Energy Team.
Les réactions des skippers :
Loïck Peyron, skipper, Energy Team, à propos d’aujourd’hui : "La bonne nouvelle, c’est que notre objectif d’être sur le podium a été atteint. Nous nous sommes mesurés aux meilleurs et nous terminons troisièmes du championnat de courses en flotte des America’s Cup World Series de la saison 2011-12 ! Lors de cette ultime journée ici à Newport, nous n’avons pas été à notre avantage car notre gennaker s’est coincé et nous a fait perdre plusieurs places, tout comme à bord d’ORACLE TEAM USA Spithill.
A propos de la saison 2011-12 des America’s Cup World Series : "Après six épreuves et presque un an que nous sommes engagés dans les America’s Cup World Series, je considère que notre quatrième place au général est plus qu’honorable ! En match race (5ème de la saison), nous sommes en milieu de tableau, car nous n’avons pas été très chanceux lors de nos duels contre Artemis Racing et nous manquons encore d’entraînement lors des départs au reaching. En revanche, dans le championnat de course en flotte, nous sommes sur le podium, à la troisième place, et c’est celle-ci qu’il faut retenir !’
‘On sera bien sûr présents à San Francisco fin août et début octobre prochain puis de retour en Italie au printemps 2013. Après, l’America’s Cup risque de s’arrêter pour Energy Team, voire même avant avec la deadline pour les inscriptions. Notre travail aura tout de même servi à investir dans l’avenir de la Coupe en multicoque en général’.
Dean Barker, skipper, Emirates Team New Zealand, à propos d’une journée difficile : “Nous avons pris un bon départ et nous avons enroulé la première marque en deuxième position puis tout s’est écroulé comme un château de sable. Nous avons enchaîné les erreurs, puis nous sommes tombés à la cinquième et sixième place, après quoi nous n’avons pas pu rattraper la tête de la flotte.”
Nathan Outteridge, skipper, Team Korea, à propos de la performance de son équipe : “Notre départ n’a pas été sensationnel mais nous avons toujours maintenu une certaine cadence que nous avons augmenté sur le dernier bord de près. Je pense que nous avons été meilleurs que prévu initialement. Cette semaine a sûrement été la meilleure en terme de résultats depuis le début. C’est pourquoi nous avons hâte que les hostilités reprennent à San Francisco.”
Steve Ravussin et son équipage se sont imposés au terme des 120 milles entre Newport et New York, sur le prologue de la Krys Ocean Race, cette étape a permis aux MOD 70 de rejoindre la mégalopole new yorkaise au large de laquelle sera donné le départ de la transatlantique le 7 juillet.
C’est Sébastien Josse sur Groupe Edmond de Rothschild qui avait pris le meilleur départ de ce prologue, trois options s’étaient dessinées cette nuit avec Foncia et Groupe Edmond de Rothschild à la côté, Race for Water et Spindrift Racing plus au large et Musandam-Oman Sail faisait cavalier seul à 15 milles du groupe à la côte, les écarts sont restés faibles durant les 120 milles avec de nombreux changements de leaders.
Au pieds des grattes ciels, c’est finalement Steve Ravussin qui s’impose avec 2 minutes 30 d’avance sur le Gitana Team. Yann Guichard sur Spindrift Racing termine 3ème avec 4 minutes d’avance sur Michel Desjoyaux sur Foncia, Musandam-Oman Sail skippé par Sidney Gavignet fermait la marche.
Seuls deux multis 50′ avaient fait le déplacement à Wight pour la traditionnelle JP Morgan Asset Management Round the Island Race, course autour de l’île de 50 milles, Actual et Prince de Bretagne se sont rapidement livrés à un mano à mano dans les eaux anglaises et s’adjugent les deux premières places en temps réel.
C’est Yves le Blévec et son équipage sur le trimaran Actual qui se sont imposés, grâce à une meilleure vitesse au portant, ils ratent de quelques minutes le record de l’épreuve détenu par Francis Joyon sur le 60′ ORMA Eure et Loire.
Les réactions des skippers :
Lionel Lemonchois, Prince de Bretagne : « Nous sommes rapidement sortis du Solent en enchainant les virement de bord sous trinquette et avec un ris dans la grand voile puis la bataille avec Actual a commencé. Nous l’avons doublé juste avant les Needles puis il nous est repassé devant et nous sommes restés bord à bord jusqu’à la pointe de Sainte Catherine, au sud de l’île, mais à l’envoi du gennak, il s’est littéralement envolé car au portant, il est réellement plus rapide que nous. En tous les cas, nous nous sommes bien amusés, c’était vraiment sympa. Plus encore que l’année dernière car c’était plus maniable et, par conséquent, plus agréable et plus rapide. Nous ne finissons vraiment pas loin. C’est encore plus vrai pour Actual qui termine dix minutes devant nous et qui rate donc le meilleur chrono pour une minute seulement. Quoi qu’il en soit, nous nous sommes bien battus et nous avons également pu constater que les petites modifications que nous avons effectuées lors du chantier de ces six derniers mois n’étaient pas vaines. Il s’agit de détails mais, à titre d’exemple, le chariot de grand voile qui nous avons changé nous permet aujourd’hui de le mettre au moulin à café au louvoyage et cela nous facilite pas mal la vie à bord »
Yves le Blévec, Actual : « C’est génial ! C’est mon deuxième tour de l’ île de Wight. Le premier c’était sur Orange avec Bruno PEYRON. Actual le court pour la première fois, nous avons été les plus rapides toutes catégories confondues dans cette régate magnifique … Oui, nous sommes fiers ! »
Le jeune équipage du Centre d’Entraînement à la Régate de Genève s’est de nouveau imposé sur cette 5ème manche du Vulcain Trophy et sur la classique lémanique qu’est le Bol d’Or Mirabaud, L’équipage genevois s’impose avec 7 minutes d’avance sur de Rham Sotheby’s de Philippe Cardis et Zen Too de Guy de Picciotto barré par Fred Le Peutrec, qui franchit la ligne 37 minutes plus tard..
Ce Bol d’Or a débuté dans une légère brise venant de l’ouest jusqu’au Bouveret, Realstone et de Rham étaient déjà en tête, le reste de la flotte était dispersée plus en arrière, sans réel avantage selon la rive choisie, sur le retour, le vent s’est progressivement levé à partir d’Evian pour atteindre 30 noeuds sur quelques milles.
Jérôme Clerc, skipper de Realstone Sailing : « Je souhaite remercier mon équipage qui a fait un travail formidable. Cédric Schmidt, équipier d’avant exceptionnel, le roi du code 0 et du solent, Nils Palmieri, notre embraqueur musclé, Denis Girardet, notre tacticien, notre gourou, qui a su repérer les meilleures routes autant aujourd’hui que pendant la GRG. Arnaud Psarofaghis que je n’ai plus besoin de présenter. Il navigue avec nous depuis deux ans et c’est un vrai plaisir de naviguer avec lui. Et enfin le plus jeune de l’équipe, Bryan Mettraux. Ces deux sœurs avaient déjà gagné le Bol d’Or Mirabaud il y a deux ! ans à bord de Ladycat, il a maintenant lavé l’affront familial… » .
Philippe Cardis, skipper de de Rham Sotheby’s : « Nous avons vraiment bien navigué. Nous avons toujours été devant avec Realstone et nous avons même mené à certains moments. Je dois dire que ce résultat est même inespéré par rapport au peu d’entraînement que nous avons eu, et je dois une fois de plus rendre hommage à notre tacticien Christian Wahl. Je reconnais que j’aurais bien aimé gagner mon dernier Bol d’Or Mirabaud . J’en ai gagné 4 dans ma vie, j’aurais bien aimé arriver à 5 ! Mais place aux jeunes ! », le propriétaire de de Rham a en effet annoncé qu’il se retirait en fin de saison.
Fred Le Peutrec, barreur de Zen Too: « la descente vers Genève s’est faite dans de très bonnes conditions. Nous avions une très bonne vitesse ».
Ce Bol d’Or Mirabaud était la cinquième étape du Vulcain Trophée, Realstone Sailing a conforté son avance au classement général provisoire loin devant Alinghi et de Rham Sotheby’s, à égalité de points, devant Ladycat, Artemis et Zen Too. Le Vulcain Trophy reprendra les 8 et 9 septembre au Club Nautique de Morges pour l’Open Guex-Opel.
Classement D35 Bol d’Or Mirabaud:1. Realstone Sailing (J. Clerc) 10:52:282. De Rham Sotheby’s (Ph. Cardis) 10:59:26
3. Zen Too (G. de Picciotto – F. Le Peutrec) 11:37:05
4. Alinghi (E. Bertarelli) 11:41:31
5. Ladycat (D. Bertarelli) 11:49:24
6. Romandie.com – Nickel (F. Moura) 11:49:48
7. Artemis Racing (T. Tornqvist – P. Cayard) 12:03:08
Les nouveaux détenteurs du Trophée Jules Verne ont fait leur retour dans leur port d’attache hier à 18h. 3000 personnes avaient fait le déplacement sur les pontons de la BSM de Lorient pour accueillir les quatorze marins, leur patience a été récompensée après deux heures d’attente suite à une pétole inattendue entre Brest et Lorient.
L’aventure du maxi multicoque aux couleurs de la Banque Populaire va désormais se terminer, comme l’a dévoilé au Télégramme Chantal Petrachi, Dir Com de la banque. Le bateau sera très probablement mis en vente, comme l’est actuellement son prédécesseur Groupama 3 qui s’affiche à 4,5 millions d’euros, reste à trouver un sponsor prêt à repartir à l’aventure.
Les réactions des équipiers suite à ce Trophée Jules Verne
Thierry Chabagny :
" L’arrivée à Brest hier était un grand moment. C’était incroyable de voir autant de monde motivé, un samedi matin, en hiver, dans la rade. On a tous été surpris par l’engouement que ça a provoqué. Le passage de la ligne, la remontée du Four sont des endroits où je passe une quinzaine de fois par an, alors le fait d’y entrer avec ce bateau là et d’en ressortir aussi vite quand d’habitude j’y passe quelques heures c’est hallucinant. De la même façon, la dernière journée et le fait d’être à midi au Fastnet et le soir à Ouessant m’ont aussi rappelé que ça faisait 45 jours que je naviguais sur une bombe, sur un bateau incroyable. Quand on est milieu de l’eau et qu’on fait des journées de 700 milles on s’habitue presque et quand on en fait une de 400, on est presque un peu déçu. Le fait d’avoir eu hier la côte prêt de nous et des repères précis nous a permis de prendre encore plus la mesure de la vitesse de ce bateau là. De plus, pratiquer beaucoup de solitaire m’a mis en évidence le fait que l’équipage est un exercice qui enrichit énormément, à la fois sur le plan technique et sur le plan humain. Cette aventure permet d’avancer en tant que marin et en tant qu’homme ".
Pierre-Yves Moreau :
" Il y a une réelle satisfaction à arriver. Ca fait trois ans que je suis au sein du Team Banque Populaire sur ce bateau et un peu plus d’un an que je suis boat captain. Mon rôle à bord est de faire en sorte que le bateau soit prêt techniquement quand on prend la mer et c’est vrai que c’était ma principale inquiétude quand j’ai pris le départ, mis à part le fait que je n’avais jamais fait de tour du monde. Le parcours a forcément été différent dans la longueur par rapport à ce que j’avais vécu, pas dans la dureté. Ce n’est pas le plus dur que j’ai fait en navigation par contre j’ai pris énormément de plaisir parce qu’on arrive dans un projet comme celui-ci, à quatorze, à avoir vraiment des moments où on se repose, où on décompresse, où on peut franchement dormir. C’était très agréable sur ce bateau, avec en plus une ambiance exceptionnelle. Loïck a vraiment su donner un climat et un ton particulièrement agréables ".
Thierry Duprey du Vorsent :
" 45 jours de bonheur tout court, de bonheur à la barre, de sensations de glisse. 45 jours de cohésion d’équipage avec un skipper hors pair qui nous a vraiment mis en confiance. Personnellement je n’ai jamais été inquiété alors qu’on a quand même navigué dans des endroits qui nous on fait descendre bien Sud. On a navigué sereinement et gardé de belles images de glaces, d’îles lointaines comme les Kerguelen. J’étais le dernier arrivé à bord et même si on se côtoyait par la force des choses les uns les autres, sur différents circuits, je n’avais quasiment jamais navigué ni avec les uns ni avec les autres. Il y avait aussi ce challenge là pour moi, mais ça s’est superbement bien passé ".
Emmanuel Le Borgne :
" Pour moi, si on partait de Brest, il fallait qu’on revienne à Brest quoi qu’il arrive, ne serait-ce que pour repasser le goulet. Le symbole est important et la boucle est bouclée. D’un point de vue plaisir sportif, c’est toujours un émerveillement de barrer ces bateaux là. Banque Populaire V est vraiment très costaud. En terme de fiabilité il y a un gros travail qui a été fait cette année par rapport à des petits soucis rencontrés l’année dernière et je suis agréablement surpris de voir que les quelques petits problèmes rencontrés auraient certes pu être préjudiciables pour la performance, mais jamais pour l’intégrité. C’est vraiment satisfaisant de revenir avec un bateau en très bon état et qui fonctionne encore. En tant que responsable médical je n’ai vraiment pas eu de boulot ; des petites choses courantes mais rien d’important à gérer. C’est plutôt une bonne chose parce qu’on se rend vite compte que si on avait dû faire des points de suture par exemple, je ne sais pas comment on aurait fait certaines fois, parce que le bateau volait littéralement. Je suis très content qu’on n’ait pas eu à essayer. L’avantage, c’est que ces bateaux vont maintenant tellement vite qu’on peut se permettre d’aller dans des zones où la mer sollicite moins la machine et les marins et donc en théorie on peut revenir dans un meilleur état ".
Xavier Revil :
" Je suis très très heureux d’avoir bouclé ce tour du monde. J’ai pris beaucoup de plaisir sur l’eau, beaucoup de plaisir à barrer ce bateau et à être avec toute l’équipe. C’est une page de tournée. Ce sont trois ans de travail et on est tous très content de pouvoir offrir cette victoire aujourd’hui. Ca ne change pas ma vie de marin, ça me confirme juste que ce que je fais, je l’aime et que j’ai envie de continuer. Ca ne fait que trois ans et demi que je suis dans la course au large, avant j’étais dans l’olympisme entre les bouées. Ce voyage de 45 jours me prouve que j’ai vraiment envie de continuer dans cette direction. Je veux remercier l’équipe technique de Banque Populaire qui a fait un travail formidable. On a un bateau qui revient dans un état exceptionnel. On a des choses qui ne fonctionnaient pas qui ont fonctionné à merveille sur ce tour du monde, ça veut dire qu’on a progressé. Ce qu’on a fait pendant 45 jours l’est en grande partie grâce à la préparation du bateau. Il font intégralement partie de la performance, il faut vraiment leur rendre hommage ".
Jean-Baptiste Le Vaillant :
" J’avais fait tous les records à bord de Banque Populaire, mais pas les tentatives de Trophée Jules Verne. Cette année, les circonstances se prêtaient à un tour du monde pour moi et en plus c’était à l’invitation de Loïck Peyron qui est un vieux complice. C’était sympa de finir une histoire : participer au design du plan de voilure, faire les premiers essais et après ça faire le tour du monde… La boucle est bouclée et ce n’est pas si mal que ça. J’espère qu’il y aura d’autres histoires avec ce bateau parce que depuis la première journée j’ai pris du plaisir à naviguer à bord ".
Yvan Ravussin :
" C’est fantastique, c’est du pur bonheur ! Et puis ça fait du bien, c’est relaxant. Parce que de faire partie de ce projet depuis le début avec ces trois années de stand-by, toute la mise au point qui a été faite avec Pascal Bidégorry, a demandé de l’investissement. On a pris un pied gigantesque. On était une équipe géniale et je suis vraiment content de finir ça aujourd’hui dans ces circonstances. Je n’aurais jamais fait de tour du monde si ça n’avait pas été sur un bateau comme ça. J’aime la vitesse, je n’allais pas faire ça sur n’importe quel bateau. Si j’ai dit oui à l’époque à Pascal, c’est parce qu’il y avait ce bateau qui se construisait. Cette aventure a été quelque chose d’incroyable."
A noter qu’Yvan permet aussi au Trophée Jules Verne de rester chez les "Ravussin", puisque Steve, son frère était sur Groupama 3.
Florent Chastel :
" Trois Trophée Jules Verne à mon actif mais trois expériences différentes, parce qu’à chaque fois même si le parcours est le même, les conditions changent, les bateaux évoluent et celui-là est une machine de guerre. Pour mon premier Jules Verne, il y avait ce rêve de faire le tour du monde. Le deuxième, le bateau était plus fiable mais on n’a pas trop tiré dessus et en revanche on a eu des conditions météo de rêve. Là on arrive sur un bateau qui est vraiment abouti. C’est la première fois qu’on navigue sur des bateaux qui peuvent aller entre 35 et 40 nœuds sans souci. Sans que ce soit naturel, ça se fait bien. A côté de ça, j’ai eu la chance de participer à la conception du bateau et donc de donner mon avis sur mon domaine que sont les bouts. Le fait d’arriver au bout de cette aventure et de cette manière est une grande satisfaction. Je suis prêt à repartir et j’espère re-naviguer très vite sur ce bateau. C’est un très joli jouet ".
Frédéric Le Peutrec :
"Chaque Trophée Jules Verne n’est jamais exactement la même chose. Le challenge est toujours différent et pour ce qui concerne celui que nous venons de faire, nous avons eu la chance de naviguer sur une machine taillée pour. Le Jules Verne est une histoire d’acharnement qui tourne à l’obsession et qui prend beaucoup de temps. A titre personnel, depuis 2007, j’ai passé chaque hiver en stand-by, c’est un peu usant. Je suis ravi que cet hiver nous ayons pu partir et que cette tentative ait été couronnée de succès. Tous les barreurs ont pris un plaisir incroyable à barre de ce bateau dans une mer formée. Banque Populaire est très abouti. C’est un bateau magnifique, très complet ! "
Juan Vila :
" Je passais entre 14h00 et 16h00 à la table à cartes. Je sortais seulement pour les manœuvres. Paradoxalement, les 45 jours sont passés vite ! Nous étions en contact permanent avec Marcel, principalement par email. Nous utilisions le téléphone lors des décisions critiques, comme le pot au noir ou les Kerguelen. On échangeait nos idées et prenions toutes les décisions ensembles. C’était très intéressant de pouvoir échanger avec quelqu’un qui avait un regard extérieur sur notre progression. Je suis enchanté d’avoir fait partie de cette aventure et même si on savait que les gens suivaient notre progression, je ne m’attendais pas à voir autant de monde à notre arrivée à Brest. Cette arrivée restera mon plus grand souvenir et c’est la plus belle récompense pour l’équipe dans son intégralité ".
Brian Thompson :
" Plusieurs aspects nous ont permis d’obtenir ce record: la technologie du bateau et ses capacités, la météo que nous avons eu, mais surtout les hommes ! C’était vraiment un privilège de naviguer avec eux, et notamment avec Loïck, qui est un type adorable. Il est concentré et détendu en même temps. Il prend soin du bateau et de l’équipage, tout en gardant l’objectif à l’esprit. C’était très intéressant d’être le seul anglais à bord d’un bateau de conception française issue d’une expertise 100% française et composé d’un équipage principalement français. C’était une immersion totale et je n’aurais pas imaginé que cela puisse aussi bien se passer. J’ai vraiment apprécié la façon dont ils savent pousser le bateau au maximum de ses capacités pour aller très vite, mais le tout d’une manière très ‘safe’. Ils ont travaillé sur le projet pendant quatre ans et ils ont fait quelques ajustements. C’est toute l’équipe qui remporte le record d’aujourd’hui, y compris l’équipe technique. Pour moi le meilleur point de ce record était l’ambiance du bord. La gentillesse, l’humour et l’optimisme des hommes pendant 45 jours a vraiment été fantastique. Cela a vraiment joué dans cette victoire. Cela a été un privilège pour moi que de naviguer sur ce Trophée Jules Verne ".
A découvrir l’arrivée du maxi trimaran Banque Populaire V à Brest par Christophe Launay.