Changement de propriétaire pour Banque Populaire VII ?

Le trimaran Banque Populaire VII, vainqueur des deux dernières éditions de la Route du Rhum (2010 sous le couleurs de Groupama et 2014 avec Banque Populaire) est à vendre depuis son arrivée.

Il semblerait que la vente soir quasi finalisée, Francis Joyon et des représentants d’Idec sont venus naviguer à au moins deux reprises sur le multicoque, qui viendrait donc remplacer le trimaran de 97′ sur plans Irens Cabaret de 2007.

Changement de propriétaire pour Banque Populaire VII ?

Pourquoi interdire Spindrift 2 de Transat Jacques Vabre ?

Au cours du Nautic, l’organisation de la Transat Jacques Vabre a dévoilé le format de la course en double entre le Havre et Itajai (Brésil), cette course sera ouverte aux Multi 50′ répondant à la jauge de la classe et aux Ultimes.

On pouvait légitiment s’attendre aux mêmes règles que sur la Route du Rhum 2014 concernant la classe Ultime, soit une absence de limitation de taille (sur la Route du Rhum, étaient admissibles les bateaux de taille égale ou supérieure à 60′).

Cependant, dans l’avis de course, sont admissibles dans la classe Ultime les bateaux compris entre 70 et 105′ de longueur hors tout, ce qui exclut le maxi trimaran Spindrift 2, sur lequel Yann Guichard a terminé à une belle seconde place sur la Route du Rhum 2014.

Comme en 2010 avec Franck Cammas et Groupama 3, les chances  de réussite du skipper en solo sur son trimaran de 40m étaient jugées faibles. Il a démontré que le défi était possible, on peut donc imaginer qu’une telle performance sur une course en double puisse être réitérée.

Yann Guichard, le skipper de Spindrift 2 avait d’ailleurs réagi sur son fil twitter :

Transat Jacques Vabre. Spindrift2 interdit de participation! Merci aux organisateurs

Si je comprends bien, pour participer à la je dois couper mon bateau de 8m. Très élégant comme réponse!

Le reste de la flotte est donc préservée, à savoir les Multis 70, et l’ensemble des autres maxis multicoques (le 80′ Prince de Bretagne, l’ancien Sodeb’O de 105′, son sister ship ex Oman Air, l’ex B&Q Castorama, le 97′ Idec Sport, le nouveau Sodeb’O Ultim de 102′, le Banque Populaire VII de 105′ et le nouveau Macif de François Gabart actuellement en construction de 100 à 105′).

Pourquoi une telle décision ?

L’organisation aurait pu justifier cette décision par le fait de vouloir réunir une flotte relativement homogène de gros multicoques plus adaptée au solitaire ou au double que le trimaran de 40 mètres. En effet Spindrift 2 de par sa taille et sa puissance pourrait être à son avantage sur cette transat Jacques Vabre qui se déroule majoritairement dans les alizés.

La communication a semble-t-il été défaillante du côté de l’organisation qui a répondu à Yann Guichard via twitter par ceci :

La accueillera la classe Ultime, si intègre le collectif est le bienvenu sur la course

 

Quel est donc le rapport entre le collectif Ultim et la Transat Jacques Vabre ?

A priori aucun, le collectif Ultim a été lancé en fin d’année dernière par trois armateurs de Maxis Multicoques destinés au solo, à savoir Banque Populaire, Macif et Sodeb’O qui ambitionnait de lancer un programme sur 4 ans à partir de 2015.

A son lancement, le communiqué de presse du Collectif Ultim précisait :

Le Collectif Ultim s’est donné pour objectif de travailler à la mise en place d’un programme sur 4 ans, appelé Challenge Ultim qui intégrerait un tour du monde en solitaire et au minimum une course intermédiaire, les autres années. Le format requis pour ces courses serait du solo ou du double. Rejoindre le collectif pour un armateur suppose que son bateau soit maniable sans assistance électrique ou hydraulique et puisse s’aligner au moins au départ d’une course par an.

L’objectif était donc de fédérer les équipes de maxis multicoques de plus de 80′ sans se substituer aux organisateurs de course.

A l’heure actuelle, le Collectif Ultim reste à l’état de projet, et aucun programme n’a été dévoilé.

Pourquoi l’organisateur de la Transat Jacques Vabre demande alors à Spindrift de rejoindre ce collectif, alors que la participation des bateaux plus petits n’est pas soumise à l’adhésion à celui-ci ?

L’objectif du collectif Ultim semble être de développer une « classe » de Maxis Multis Solo.  Les flotteurs du nouveau Macif ont d’ailleurs été construits  dans des moules femelles afin de pouvoir construire d’autres unités, il semblerait que Banque Populaire songe fortement à faire construire un nouveau trimaran dans ces moules pour la Route du Rhum 2018, le Gitana Team semble également réfléchir à cette option.

Pourquoi interdire Spindrift 2 de Transat Jacques Vabre ?

L’actualité du Nautic

  • Transat Jacques Vabre :

Après une édition 2013 ouverte aux seuls Multis de 70′, l’organisateur permet aux Ultimes de courir aux côtés des Multi 50′, IMOCA et Class 40. La route sera désormais commune à toutes les classes et directe du Havre à Itajai (Brésil). Le départ de la transatlantique en double sera donné le 25 octobre 2015.

Cependant, l’avis de course précise que la taille des Ultimes est limitée à 105′ soit 32 mètres, ce qui permettra au futur Macif de participer, tout comme les actuels Banque Populaire VII (31,5m), Sodeb’O (31m), mais également l’ancien Sodeb’O (32m) ainsi qu’Idec Sport et Prince de Bretagne et bien sûr les MOD70.

Cette décision exclu de fait le maxi trimaran Spindrift2 de Yann Guichard et Dona Bertarelli.Le skipper de Spindrift racing, Yann Guichard a réagit à cette décision sur son compte twitter : « Spindrift2 interdit de participation! Merci aux organisateurs ».

Même si une participation du trimaran de 140′ (40m) paraissait peu probable du fait de la préparation du Trophée Jules Verne, l’organisateur se coupe d’une des écuries majeures de la Course au Large, qui possède par ailleurs un autre bateau susceptible d’être aligné (le MOD70).

  • Tour de France à la Voile

Après le débat intervenu suite au changement de support (passage du monocoque M34 à un trimaran de 24′ le Diam 24) et de format (alternance de parcours techniques et d’étape de ralliement à un format de régates courtes et de raids à la journée avec l’abandon des étapes de large), ASO, l’organisateur fait carton plein avec 30 engagés pour l’édition 2015.

Parmi ceux-ci on retrouvera plusieurs skippers de renom venus aussi bien de l’IMOCA, que de la classe Ultimes, ou encore des spécialistes du catamaran de sport.

La liste des inscrits :

- 30 CORSAIRES, skippé par Alexia Barrier
– ARMOR LUX – COMPTOIR DE LA MER, skippé par Erwan Tabarly
– BEIJAFLORE TEAM, skippé par Nicolas Bérenger
– CHEMINÉES POUJOULAT, skippé par Bernard Stamm
– COMBIWEST, skippé par Frédéric Guilmin
– COURRIER CHOC D’IXELLES, skippé par Antoine Carpentier
– DEFI YCSL, skippé par Benoît Champanhac
– DIAM IS GIRLS BEST FRIEND, Laure Caucanas
– DYNAMIQUE VOILE, skippé par Emeric Dary et Thomas Cardrin
– FONDATION FDJ – DES PIEDS ET DES MAINS, skippé par Damien
Seguin
– GDF SUEZ, skippé par Sébastien Rogues
– GRANDEUR NATURE, skippé par Frédéric Duthil
– GROUPAMA, skippé par Franck Cammas
– LATITUDE NEIGE / LONGITUDE MER, skippé par Aurélien Ducroz et
Laurent Voiron
– LORINA BOISSONS ARTISANALES, skippé par Bruno Staub
– MAÎTRE COQ, skippé par Jérémie Beyou
– PRB, skippé par Vincent Riou
– PRINCE DE BRETAGNE, skippé par Lionel Lemonchois
– SEA 4 SAIL, skippé par Aymeric Chappellier et Romain Motteau
– SODEBO, skippé par Thomas Coville et Daniel Souben
– TEAM LE BERRE, skippé par Anne-Claire Le Berre
– TECHNEAU, skippé par Arnaud Daval
– WEST COURTAGE – ECOLE NAVALE, skippé par Christian Ponthieu et
Simon Moriceau
– Z3PHYR, skippé par Charles Hainneville
– ABSOLUTE DREAMER, skipper annoncé prochainement
– AGRIVAL, skipper annoncé prochainement
– OMANSAIL, skipper annoncé prochainement
– SPINDRIFT BLACK, skipper Yann Guichard
– SPINDRIFT WHITE, skipper annoncé prochainement
– VANNES AGGLO- GOLFE DU MORBIHAN, skipper annoncé prochainement
– Sponsor annoncé prochainement, skippé par Loïc Fequet

Le tour de France à la Voile fera étape à :

- Dunkerque du 3 au 5 juillet

- Fécamp les 6 et 7 juillet

- Roscoff les 11 et 12 juillet

- Pornichet les 9 et 10 juillet

- Les Sables d’Olonne les 14 et 15 juillet

- Gruissan les 19 et 20 juillet

- Marseille les 22 et 23 juillet

- Nice du 24 au 26 juillet

L’actualité du Nautic

La prochaine Coupe de l’America aura lieu aux Bermudes en juin 2017

L’annonce concernant la prochaine Coupe de l’America a été faite il y a quelques heures à New York.

Sans surprise le plan d’eau des Bermudes a été préféré à San Diego qui n’obtient même pas une étape des America’s Cup World Series.

L’ensemble des challengers s’est montré soulagé de connaitre le plan d’eau afin de pouvoir faire plancher son design team sur le nouvel AC62. L’équipe néo zélandaise qui semblait la plus réticente devrait obtenir une épreuve importante (les phases qualificatives peut être).

La Youth America’s Cup est reconduite avec Red Bull comme sponsor elle se déroulera sur AC45, mais cette fois-ci dotés de foils.

Les Bermudes devraient offrir des conditions stables d’une quinzaine de noeuds, alors que la brise de San Diego était nettement plus aléatoire.

Deux autres équipes espèrent pouvoir intégrer les challengers.

Une partie du calendrier des America’s Cup World Series a été dévoilée :
Du 8 au 7 juin 2015, lieu annoncé sous peu
Portsmouth, Angleterre du 23 au 26 juillet 2015
Goteborg, Suède –du 28 au 30 août 2015
Hamilton, Bermudes du 16 au 18 octobre 2015

Harvey Schiller : « Aux Bermudes, nous avons le plan d’eau parfait pour montrer au monde entier tous qu’il y a de passionnant avec ces bateaux de la Coupe de l’America et tout ce que les équipes y apportent. Les conditions sont quasi parfaites. Le parcours dans la Rade est devant un amphithéâtre naturel avec de la place pour les courses et les spectateurs, et c’est dans un écrin magique avec les îles et les plages au fond. Et le Village de la Coupe de l’America dans le port naval sera au coeur de l’événement pour les équipes et les passionnés ».

Max Sirena (Luna Rossa) “On attendait cette annonce car jusqu’ici on travaille avec deux plans d’eau en tête mais désomais on est certain du choix”.

Jimmy Spithill sur la Youth America’s Cup (Oracle Team USA): “Il est primordial d’avoir cette épreuve en place pour offrir une porte d’entrée aux jeunes. Cela fonctionne, car le gars (Pete Burling) qui a gagné la dernière édition pourrait mener l’équipe néo-zélandaise”

Kevin Shoebridge (Team New Zeland) : “On est contents d’inviter des jeunes comme Pete Burling à retrouver des vétérans expérimentés comme Dean Barker. Maintenant que l’on a la confirmation du choix des Bermudes, on va s’approcher de nos partenaires et du gouvernement.”

Franck Cammas (Team France) : “Je ne suis jamais allé aux Bermudes! On va commencer à étudier les conditions, mais l’équipe travaille encore sur la partie financière pour le moment. On attend une confirmation. On espère pouvoir faire une annonce la semaine prochaine…”

Nathan Outerridge (Artemis): “Maintenant que l’on connaît le plan d’eau on va pouvoir dessiner un bateau pour ces conditions. Le vent est bien plus faible qu’à san Francisco où nous avons pu voler au près.”

Ben Ainslie (BAR) : « En tant que Britannique je suis heureux de ce choix. Je connaîs le plan d’eau ayant participé à la Gold Cup (dans le circuit de match racing). La Duchesse de Cambridge, notre marraine, va être de contente de pouvoir venir ici !»

La prochaine Coupe de l’America aura lieu aux Bermudes en juin 2017

Francis Joyon 6ème au finish devant Yann Eliès

Francis Joyon et Yann Eliès ont joué un remake de l’arrivée de Lionel Lemonchois et Sidney Gavignet, avec le même résultat, le skipper le plus expérimenté et sur le plus gros trimaran bat l’autre sur le fil.

Francis Joyon sur Idec Sport a choisi la même option à terre que Lemonchois plus tôt dans la journée, avec le même succès puisqu’il passait Yann Eliès encalminé plus au large.

Francis Joyon boucle donc cette 10e Route du Rhum – Destination Guadeloupe en 9 jours 4 heures 42 minutes et 4 secondes, à la vitesse moyenne de 16,05 nœuds. Il a parcouru en réalité 4 664 milles à 21,13 nœuds de moyenne. L’écart au premier, Loïck Peyron, est de 1 jour 13 heures 33 minutes et 32 secondes.

Francis Joyon, skipper d’Idec Sport :

« Mon père me disait toujours qu’il fallait être soit premier soit dernier ! (rires). Bon, je ne suis pas vraiment habitué à ramasser les bouées, mais c’est la loi du sport et il faut savoir l’accepter. Pour qu’il y ait de beaux vainqueurs, il faut aussi qu’il y ait de bons perdants ! J’ai effectué ma pénalité de deux heures hier soir et Yann (Eliès) est revenu, puis j’ai réussi à repasser dans le final mais c’est anecdotique. Ceci dit, je suis plutôt content d’arriver de jour, parce que je sais que la nuit les dévents de la Guadeloupe peuvent être assez embêtants : une fois j’ai mis plus de douze heures à faire le tour donc je me méfiais ! 

Le sport, c’est aussi savoir perdre. Bien sur comme tout le monde je préfère gagner, mais ça ne peut pas être le cas à chaque fois. J’ai eu beaucoup de petits soucis techniques qui m’ont vraiment handicapé, entre autres avec mon informatique et avec mes safrans abimés au large du Portugal.

Dès le départ, j’ai posé un gros truc lourd sur l’écran de mon ordinateur : l’écran a complètement explosé, inutilisable. J’avais un ordinateur de rechange mais il y avait un bug énorme…il s’éteignait toutes les deux minutes. J’avais droit à deux minutes de vision de carto, je ne pouvais pas poser un waypoint, c’était galère.  J’avais quand même un GPS portable, donc, pas de difficulté majeure pour se situer. Donc, ce n’était pas vraiment une navigation à l’ancienne au sextant ! . J’ai fait un come back au large du Portugal mais je l’ai payé cher parce que j’ai tapé mon safran central.

Le temps que je m’en rende compte, mes drosses de direction de barre s’étaient déréglées. Au matin, mon bateau était devenu difficilement barrable… il y a tout de même un trou dans le flotteur qui entraine une gerbe d’eau. Surtout, je pense que j’ai passé beaucoup de temps à tenter d’avancer malgré tous ces petits pépins, mais du coup j’avais moins de temps pour faire de la météo et bien étudier ma route. C’est une somme de petites choses comme ça qui font que cette fois-ci je n’ai pas pu jouer réellement avec les bateaux de devant. C’était un peu frustrant, forcément.

Je trouve que cette édition a été dure : le départ avec la dégelée, petit temps plein-vent arrière avec l’obligation de tricoter comme des fous…ça donne des émotions tout ça ! Je pensais faire un podium, donc je ne suis pas particulièrement satisfait : mais c’est le sport, il faut accepter les contrariétés. Par contre, je suis content d’être allé au bout du truc. J’aurais été triste de devoir m’arrêter. Même en allant moins vite que j’aurai dû, j’ai tenté ma chance et je suis allé jusqu’au bout. »

 

Yann Eliès a franchi la ligne d’arrivée une heure plus tard,  le skipper du 70 pieds Paprec Recyclage a mis 9 jours 5 heures 48 minutes et 15 secondes pour boucler le parcours de 3 542 milles à la vitesse moyenne de 15,97 nœuds. Il a parcouru en réalité 4 538 milles à 20,46 nœuds de moyenne. L’écart au premier, Loïck Peyron, est de 1 jour 14 heures 39 minutes et 43 secondes.

Yann Eliès, skipper du Multi70 Paprec Recyclage :

« Ce fut une super bonne transat, je n’ai jamais été aussi rapide sur l’eau, avec pas mal d’engagement, pas mal d’ennuis aussi, mais au final je ne retiendrais que les bons moments, quand tu es à 30-35 nœuds, le bateau sur les foils et que ça fume de partout. C’est pour ces moments que tu fais la Route du Rhum, surtout en multicoque.

La mission est remplie, le bateau est là, je n’ai pas chaviré. Je n’étais pas loin d’accrocher le vieux briscard, Francis Joyon, ce qui aurais été la cerise sur le gâteau, mais il mérite cette place. C’est un bon dépucelage ! Ca pique les yeux des fois ! Les deux premiers jours c’était dur, il ne fallait pas que ca dure une journée de plus, parce que je ne pouvais plus. J’ai eu des pépins techniques, donc j’ai eu du mal à trouver le bon rythme au début. J’ai eu le sentiment que le dernier jour était le bon donc il faut que je revienne ! Il y a eu de l’intensité, je fais un meilleur temps que Groupama, il y a quatre temps avec un bateau plus petit, ça veut dire qu’on a tiré sur nos machines. J’aimerais bien revenir avec un beau bateau, bien préparé, dans de bonnes conditions. J’ai eu un bel accueil en mer des pêcheurs, des Saintois qui sont venus me rejoindre dans le canal des Saintes, je ne suis pas au bout de mes surprises, car il y a du monde ici ! Je vais maintenant débriefer avec les gars de mes choix, pour que tout le monde progresse et prendre un bon repos mérité. Même si ça été une année difficile pour moi parce qu’en terme de résultat sportif, elle n’a pas été au niveau mes espérances, mais émotionnellement, elle m’a procuré des trucs énormes entre la Solitaire du Figaro et cette transat. C’est aussi pour ça qu’on fait ce métier ! J’ai cru que c’était fait ce matin, je pensais rester devant. Mais c’est le tour de la Guadeloupe ! Il réserve toujours des surprises, ça ne se passe jamais comme prévu… Le plus beau moment, c’est en arrivant à Basse-Terre à 30 nœuds perché sur les foils avec une lumière magnifique… »

Francis Joyon 6ème au finish devant Yann Eliès

Sébastien Josse 3ème de la Route du Rhum, Lionel Lemonchois 4ème et SIdney Gavignet 5ème

Les arrivées se succèdent à Pointe à Pitre,  Sébastien Josse s’est emparé de la 3èm place hier puis Lionel Lemonchois et Sidney Gavignet ont bouclé leur traversée cette nuit avec un superbe finish.

© A.COURCOUX

Yann Guichard, skipper de Spindrift 2 :

« J’ai fait une belle course et je n’ai rien lâché du début à la fin. Il y a eu de la souffrance, je ne le cache mais j’ai réussi à tenir le rythme. Aujourd’hui, je suis ravi de terminer deuxième à Pointe-à-Pitre et d’être sur le podium avec Spindrift 2, juste derrière Loïck (Peyron) qui a réalisé une belle performance.


J’ai toujours cru que je pourrais être compétitif avec Spindrift 2, ce qui n’était pas le cas de tout le monde. Avec l’équipe nous l’avons modifié pour qu’il soit maniable en solitaire. Je l’ai prouvé et j’en suis très heureux et fier pour toute l’équipe qui a travaillé d’arrache pied pour concrétiser ce projet.
 


Au deuxième jour j’ai perdu l’un de mes deux pilotes automatiques et j’ai fait toute la course en me demandant si j’allais pouvoir finir. Sinon, j’ai vraiment eu très peu de problèmes techniques et c’est essentiel pour terminer sur le podium. C’est grâce à l’équipe technique qui a fait un super travail . Mes routeurs à terre, Erwan Israël et Richard Silvani, m’ont aussi soutenu au quotidien, même dans les coups durs, et je suis ravi de notre performance à tous.  
 


Cela a été une course incroyable avec une première nuit difficile et des virements de bord au près où j’ai slalomé entre les cargos et les pêcheurs dans 35 nœuds de vent, il y a eu pas mal de stress. J’ai perdu du terrain mais après j’ai pu allumer dans le Golfe de Gascogne et revenir dans le match. J’ai eu sinon deux moments chauds le long du Portugal où j’ai dû tout choquer en grand mais, mise à part ça, le bateau est resté hyper sain.

 Dans les manœuvres, je n’ai jamais poussé autant, je n’ai jamais été aussi loin. Mais quand après l’effort, le bateau accélère, c’est du pur bonheur. J’ai perdu quelques kilos mais je suis heureux d’être là et j’ai pris beaucoup de plaisir avec le bateau.
 


Les Guadeloupéens sont nombreux aujourd’hui et je sais qu’ils le sont pour le premier concurrent comme pour le dernier. Bravo à eux ! Si je reviendrai sur la course avec ce bateau ? C’est beaucoup trop tôt pour le dire. Je vais déjà savourer ce qui m’arrive avec mon équipe et récupérer car je n’ai pas dormi plus de 2 heures par jour et seulement par tranches de 10 minutes alors, là, je suis épuisé. J’ai aussi dû faire plus de 1 000 kilomètres sur mon vélo pendant cette Route du Rhum ! »

Dona Bertarelli, co-fondateur et skipper de Spindrift racing :
« Yann a fait une course à la hauteur de son talent. Au départ de Saint-Malo, avec les conditions météo annoncées, peu croyaient qu’il pouvait être compétitif et accrocher un podium. Cette 2ème place vient récompenser non seulement sa détermination mais sa conviction qu’il était possible pour un seul homme de mener Spindrift 2, le plus grand des multicoques de course au monde, conçu pour 14 équipiers. Cette réussite est le fruit du travail de toute une équipe et du soutien de nos partenaires, Mirabaud, Genes-x et Zenith. Je tiens à les remercier de nous avoir fait confiance. »

 

Cette nuit c’est donc Sébastien Josse qui a complété le podium et s’emparant de la troisième place sur son Multi 7O  Edmond de Rothschild, il aura mis 8 jours, 14 heures, 47 minutes et 9 secondes pour parcourir les 3 540 milles nautiques théoriques, il aura effectué réellement 4403 milles, à une vitesse moyenne de 21,29 nœuds. Sébastien Josse termine 23 heures 38 minutes et 37 secondes derrière le vainqueur.

Sébastien Josse, skipper du Multi70 Edmond de Rothschild :

« Le deux premiers jours, il a fallu faire le dos rond tout en gardant un peu de rythme. Il fallait trouver le bon dosage. Après, ce n’était que du bonheur. Quand on est dans les alizés, avec ces machines là, c’est exceptionnel. Sur le papier, on ne joue pas du tout dans la même cour avec les grands bateaux. Les bateaux de 40 m et 31 m sont logiquement devant. Je pense qu’ils n’ont pas trop forcé. Il réglait leur vitesse avec nous, les petites libellules de derrière. Il y a un côté sympa de sentir qu’on les a titillés un peu (…)

(…) Je suis plutôt surpris de mon état physique, parce qu’au début, je me disais que c’était trop dur de dormir sur un bateau comme ça. Je m’interdisais de dormir parce que je pensais que c’était trop dangereux. Mais la fatigue m’a rattrapée, je me suis mis à dormir au bout de trois jours. Quand le bateau est bien réglé, que l’on a le bon équilibre, ça se passe super bien. La fatigue que j’ai maintenant est liée au tour de l’île car j’ai beaucoup manœuvré

Le sentiment en mer était génial : tu es sur ton bolide, ta mobylette. Ce sont des oiseaux volants ces bateaux, au portant dans les alizés, rien ne peut décrire les sensations. La moindre vague, la moindre petite risée, le bateau s’emballe, mais finalement il faut le laisser vivre et lui faire confiance. Je ne me suis jamais senti en danger.
Cela fait trois ans que je navigue sur ce bateau, je m’entraîne 150 jours par an, j’ai la chance de faire ça. Du coup, j’ai des automatismes, parfois je suis plus à l’aise que les autres parce que j’ai beaucoup répété mes gammes.
Avec les deux premiers Ultime, il n’y a pas eu de régate. Derrière, nous nous sommes battu, nous avions un beau groupe où ça attaquait. »

© A.COURCOUX

 

Lionel Lemonchois sur Prince de Bretagne et Sidney Gavignet sur Musandam-Oman Sail ont offert un superbe finish pour la quatrième place, à l’approche de la Guadeloupe, Sidney Gavignet possédait un petit avantage d’une quinzaine de milles mais il s’est fait piéger par le dévent de la Soufrière et restait scotché alors que son adversaire tricotait dans une veine de vent près de la côte.

Le skipper de Prince de Bretagne décrochait donc cette quatrième place, une petite consolation après sa déception, le marin avait subi une dépression tropicale l’ayant très fortement ralenti pendant 48 heures et lui ayant fait perdre tout espoir de podium.

Il aura donc mis 8 jours 17 heures 44 minutes et 50 secondes pour boucler le parcours de 3542 milles à la vitesse moyenne de 16,89 nœuds. Il a parcouru en réalité 4 511 milles à 21,51 nœuds de moyenne. L’écart au premier, Loïck Peyron, est de 1 jour 2 heures 36 minutes et 18 secondes.

Lionel Lemonchois, skipper de Prince de Bretagne à son arrivée à Pointe à Pitre :

«  Oh là là, je ne tiens plus debout. Je ne voudrais pas être à la place de Sidney. Il ne m’a pas vu venir. Je suis passé à terre. Ce n’est pas la première fois que je passe par ici. Toute la course a été une belle bagarre. J’étais un peu dépité il y a deux jours quand je suis tombé dans cette espèce de tempête tropicale en formation. Je visais le podium…

J’aurais du faire plus de marquage, j’ai été trop ambitieux. Je visais la 2e place, j’y croyais.  Voilà… Le bateau a quelques petits bobos, mais il va bien. Il aurait mérité une meilleure place.  T’arrêtes pas sur ce bateau : tu tournes dans un sens, dans l’autre, tu ranges les bouts, tu les défaits, t’arrête pas. Dur ? Oui, par moment. Les deux premiers jours ont été un peu sport. Fallait pas que ça dure trop longtemps.

 J’ai l’impression d’avoir été dans le match. A part Loïck qui nous a fait son Loïck. Il a très bien navigué et a eu des passages à niveau qu’on n’a pas eus, comme lors du passage à Madère… ça s’est fermé pour nous derrière. Mais en moyenne, les vitesses étaient  assez comparables. C’était bien puissant cette course et la vitesse du bateau… au passage du cap Finisterre, je marchais à 42 nœuds dans les vagues… hallucinant, hallucinant.  C’est bon d’arriver, je suis content d’être là. J’ai digéré la déception et puis j’ai réussi à m’en refaire un sur la fin, ça remet le moral. 
Le rythme de vie ? J’ai rarement aussi peu dormi en une semaine. Je ne pense pas avoir dormi d’un vrai sommeil. J’ai fait des petits comas de 30 à 45 minutes. Il y avait du rythme, on se tirait la bourre. Arrivé à Madère, je n’avais pas encore trouvé le sommeil, ça me stressait.  J’étais trop pris par le truc, impossible de dormir. Là, je suis prêt à tomber… »

© A.COURCOUX

Sidney Gavignet a de son côté franchi la ligne d’arrivée de la 10e Route du Rhum – Destination Guadeloupe en 8 jours 19 heures 15 minutes et 24 secondes à la vitesse moyenne de 16,77 nœuds. Il a parcouru en réalité 4 446 milles à 21,05 nœuds de moyenne. L’écart au premier, Loïck Peyron, est de 1 jour 4 heures 6 minutes et 52 secondes.

Sidney Gavignet, skipper du Multi 70 Musandam-Oman Sail :

« La mission est remplie ! Le bateau a tenu bon pendant toute la traversée, et n’a d’ailleurs subi aucune avarie, il était extrêmement bien préparé grâce à toute l’équipe technique d’Oman Sail. L’objectif principal qui était de rejoindre Pointe à Pitre est rempli et bien rempli, même si j’ai fait des erreurs sur la dernière partie. Je suis même arrivé la même nuit que Prince de Bretagne, qui fait 10 pieds de plus que Musandam-Oman Sail, et qu’Edmond de Rothschild, autre multi de 70 pieds qui a été largement modifié pour cette course. Je suis donc très fier d’avoir emmené les couleurs d’Oman de l’autre côté de l’Atlantique. C’est aussi très fort émotionnellement pour moi de revenir en Guadeloupe, car c’est ici que j’ai rencontré mon épouse il y a 23 ans, alors que j’étais en entrainement en vue de la Whitbread.

C’était une belle régate, on est allé vite. Mais je suis déçu, je ne vous le cache pas. J’ai fait 99% de mes erreurs dans les deux dernières heures de course, donc je les ai un peu velues. C’est quand même une très belle course avec de magnifiques bateaux. J’arrive,  je n’ai rien cassé, à part un pare-brise que j’ai laissé trop vertical et qui s’est fait fracassé par les vagues.

Les journées de portant c’était fabuleux. C’est chouette comme on arrive à dormir à 30 nœuds, quand on connaît bien la bestiole. Mais je ne ferais pas ça tous les jours ; je suis désolé, je voudrais exploser de joie, mais j’ai les boules, j’ai très mal navigué ces deux dernières heures. »

Bravo à Lionel Lemonchois, il a fait du beau travail, les conditions étaient vraiment compliquées sur l’arrivée en Guadeloupe, et j’ai fait pas mal d’erreurs avant de rejoindre la ligne. Bravo aussi à Seb Josse pour sa troisième place. Je me souviens particulièrement d’une nuit pendant laquelle j’étais dans le même axe que lui. Je comparais, chaque heure, nos positions, nos vitesses, et nous étions même plus rapides que les grands bateaux. Je savais que Sébastien, derrière son écran, calculait lui aussi les gains et les pertes. »

Classement Général Provisoire Classe Ultime au 11/11/14 à 09:30:00 CET

  1. Banque Populaire VII/Loick Peyron – en 7 jours, 15 heures, 8 minutes et 32 secondes
  2. Spindrift II/Yann Guichard – en 8 jours, 5 heures, 18 minutes et 46 secondes
  3. Edmond de Rothschild/Sébastien Josse – en 8 jours, 14 heures, 47 minutes et 9 secondes
  4. Prince de Bretagne/Lionel Lemonchois – en 8 jours 17 heures 44 minutes et 50 secondes
  5. Musandam-Oman Sail/Sidney Gavignet – en 8 jours 19 heures 15 minutes et 24 secondes
  6. Idec/Francis Joyon – toujours en course -
  7. Paprec Recyclage/Yann Eliès – toujours en course -

Le final s’annonce également haletant pour les deux derniers skippers en course, avec un petit avantage pour Yann Eliès à l’heure actuelle, le skipper de Paprec Recyclage étant pointé en tête à une dizaine de milles de Basse Terre (et 34 de la ligne d’arrivée).

Mais Francis Joyon n’est qu’à 1,4 mille du Multi 70, le skipper d’Idec Sport a choisi une route un peu plus à terre que son adversaire, à l’heure actuelle les deux marins progressent à toute petite vitesse, moins de 2 noeuds, dans les dévents de l’île.

Sébastien Josse 3ème de la Route du Rhum, Lionel Lemonchois 4ème et SIdney Gavignet 5ème

Yann Guichard second de la Route du Rhum-Destination Guadeloupe 2014

Yann Guichard, le skipper de Spindrift 2, est arrivé à Pointe à Pitre ce soir en seconde position de cette Route du Rhum 2014 à 19 heures 18 minutes et 46 secondes, 14 heures 10 minutes et 14 secondes derrière le vainqueur Loïck Peyron ( Maxi Banque Populaire VII).

Il aura mis 8 jours 5 heures 18 minutes et 46 secondes pour boucler le parcours théorique de 3542 milles à la vitesse moyenne de 17,95 nœuds, et il a réellement parcouru 4334 milles à la vitesse moyenne de 21, 96 nœuds. Il se classe 2e.

Il aura réussi l’exploit de traverser l’Atlantique en solitaire à bord du plus grand  et du plus puissant trimaran de course jamais construit (40 mètres, 18 tonnes).

Le podium sera complet dans quelques heures, avec l’arrivée de Sébastien Josse,  qui il reste moins de 100 milles à parcourir. Il s’agit là aussi d’un exploit puisque le skipper du Gitana Team concourt sur un MOD 70 modifié, soit les plus petits bateaux de la classe Ultime (70′, tout comme Musandam-Oman Sail, et Paprec Recyclage).

Antoine Koch, routeur de Sébastien Josse (Groupe Edmond de Rothschild) :

« Hier, nous avons décidé de continuer à attaquer plutôt que de contrôler Sidney Gavignet et de le suivre dans son empannage. Et ce matin, la situation était plutôt satisfaisante. Non seulement Sébastien a une nouvelle fois très bien navigué, ceci lui permettant de creuser légèrement l’écart avec ses poursuivants mais il a vraisemblablement eu un bord plus confortable qu’eux, avec moins de grains et d’instabilité et c’est ce que nous recherchions. La journée sera vraisemblablement composée d’un long tribord amure en direction de la Guadeloupe mais il faudra gérer les petites oscillations du vent et peut-être opérer quelques recalages si les bascules sont importantes.

Avec une ETA à la Tête à l’Anglais à 1h (heure française) la nuit prochaine, Sébastien a toutes les chances de connaître des conditions similaires à celle rencontrées par Loïck, c’est à dire un passage peu venté sous le vent de l’île au niveau de la Soufrière. Car, comme attendu, Loïck a été vraiment ralenti sur une dizaine de milles entre le volcan et la bouée de Basse-Terre. C’est clairement le passage le plus compliqué à négocier » .

© Yvan Zedda/Gitana S.A.

La place de 4ème restera quant à elle disputée jusqu’au bout.

Lionel Lemonchois qui a retrouvé du vent plus régulier depuis le début de journée espère toujours accrocher la 4ème place qu’il se dispute désormais avec Sidney Gavignet (Musandam Oman Sail), une vingtaine de milles séparent les deux marins solitaires avec l’avantage du côté du MOD 70 pour l’instant.

Malgré tout, Sidney Gavignet devra enchainer deux empannages pour parer la tête à l’Anglais et entamer le tour de la Guadeloupe alors que Lionel Lemonchois aura une route directe jusqu’à cette marque de parcours.

 

Pour le team Prince de Bretagne :

« Des grains, prémices de cette dépression tropicale, se sont formés juste derrière Lionel et l’ont rattrapé. Voilà ce qui a parasité l’alizé autour de lui . La situation s’est améliorée pour Lionel entre 8 et 9 heures, ce qui lui permet d’afficher des vitesses identiques à celles des autres mais aussi et surtout d’avoir une stratégie, ce qui était quasiment impossible ces deux derniers jours, la faute aux conditions très aléatoires dans sa zone de navigation ».

« Lionel arrive par le nord et est maintenant sur la lay-line, ce qui signifie qu’il n’aura plus d’empannage à faire. De son côté, Sidney déboule par le sud et va devoir effectuer un contre-bord en plaçant ses empannages au bon endroit. Cela étant, il est très difficile de savoir qui de l’un ou de l’autre va finalement prendre l’avantage d’ici à la Tête à l’Anglais puisque tout va dépendre des fluctuations qu’il va y avoir entre leurs positions respectives actuelles et la Guadeloupe. Ce qui est certain, c’est que chacun va se battre pour aller le plus vite possible et prendre l’avantage avant d’entamer le tour de l’île »,

Lionel Lemonchois, skipper du Multi 80 Prince de Bretagne :

« On verra bien comment ça va se passer. On le sait par expérience, dans les derniers 50 milles du parcours, tous les scénarii sont possibles.

Il (Loïck Peyronà était le super favori au départ. Sa première place n’est pas vraiment une surprise. Les records sont faits pour être battus. Celui-ci est tombé plus vite que ce que l’on pressentait puisqu’il n’aura finalement tenu qu’une seule édition. Cela est la preuve que les bateaux et les hommes progressent mais aussi que Loïck a enchainé tous les passages à niveaux sans encombre, ce qui n’a pas été le cas des autres. Que se soit Yann Guichard, moi ou les autres, nous nous sommes faits enfermés régulièrement pendant que lui a réalisé un dernier bord tout droit de quasiment 900 milles. Les courses au large sont ainsi faites. Il faut que tout s’enchaîne parfaitement et pour lui, cela a été le cas du début à la fin. C’est une victoire bien méritée. Bravo à lui et à son équipe ».

Jean-François Cuzon, routeur de Sidney Gavignet (Musandam Oman Sail) :

« Nous avons ajusté la route en effectuant un recalage cette nuit, pour essayer de se rapprocher de la position de Prince de Bretagne dans des vents favorables d’Ouest, puis nous avons redivergé, avec d’un côté Prince de Bretagne au Nord-Ouest et nous qui faisons route au Sud-Sud-Est pour suivre notre stratégie, nous verrons ce que cela va donner.

Nous savons que le passage dans le Nord-Est de l’île dans les zones de concentration de pêche, qui sont des zones où l’on trouve de nombreux dispositifs avec des bouées, sera délicat, sachant que beaucoup sont aussi non identifiés, donc non positionnés sur une carte. Sidney va arriver dans cette zone en fin de journée heure locale, et il va falloir gérer le passage extérieur pour éviter le slalom entre ces dispositifs de pêche, sachant que de se prendre dans une de ces bouées serait catastrophique. Puis ce sera la tour de la Guadeloupe de nuit, dans un alizé qui sera de moins en moins fort et très perturbé sur la partie Ouest de l’île où l’on peut avoir de gros rebondissements.

C’est un peu la journée de tous les dangers car cela change tout le temps. Par exemple en ce moment il est dans un grain avec 26 nœuds et le bateau fait des pointes à 32 nœuds de vitesse. Il y a 30 minutes, il avait 10 nœuds de vent et le bateau avançait à 14-15 nœuds, donc cela illustre parfaitement ce qui se passe : ce n’est pas une navigation facile qui glisse et où l’on peut se reposer, c’est usant pour le skipper d’être dans des zones comme ça car il ne peut jamais se relâcher et dormir un peu plus sereinement.

L’ETA n’est pas facile à évaluer mais ce sera dans la matinée de mardi, probablement à partir de 08h00 heure locale, tout va dépendre du temps que Sidney va prendre entre la tête à l’Anglais, (marque de passage obligatoire à laisser à bâbord où il devrait arriver vers minuit heure locale ce soir, soit 05h00 CET), et le contournement de la Guadeloupe jusqu’à l’arrivée (Loïck Peyron a mis six heures, avec des passages où il a été complètement arrêté au large de Basse Terre). Je vais donc maintenant préparer le tour de l’île dans les détails ! »

© Llyod Images / Oman Sail

Les deux derniers de la classe Ultime, Francis Joyon sur Idec Sport et Yann Eliès sur Paprec Recyclage en termineront mardi, leurs positions devraient rester en l’état à savoir la 6ème place pour Francis Joyon et la 7ème pour Yann Eliès.

A noter que Francis Joyon a du s’acquitter d’une pénalité de deux heures dans l’après midi pour avoir « mordu » le DST de Ouessant, ceci suite à une panne d’électronique, le skipper naviguant alors à « l’ancienne » avec une carte papier, ce qui explique cette petite erreur avec un multicoque filant à plus de 20 noeuds.

Yann Guichard second de la Route du Rhum-Destination Guadeloupe 2014